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Si Christoph Blocher s’accapare le massif historique du Gothard, les présidents de partis se la jouent proximité et simplicité
Voué à la célébration du patriotisme, le discours du 1er Août revêt une importance particulière en année électorale. En 2007, la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey avait ainsi investi la prairie du Grütli dans un contexte de tension politique très particulier: il s’agissait de rassembler l’opinion publique pour ne pas laisser l’Union démocratique du centre (UDC) capitaliser seule sur le patriotisme.
Cette année, la machine de communication de premier parti de Suisse a anticipé: fin mai, l’UDC réunissait les cadres du parti sur la mythique prairie du Grütli. Rebelote avec le 1er Août: cette fois, c’est l’OPA sur le Gothard. Christoph Blocher prononcera son discours sur ce col érigé en symbole de la résistance à la pression internationale. Le ton est donné. Et la riposte armée? Officiellement non, car personne ne veut s’inscrire en contrepoint du stratège de l’UDC. Pas de course aux symboles. Le plus antiblochérien des présidents de parti, Ueli Leuenberger, se contentera d’écrire un billet sur son blog. Le président des Verts Suisse le regrette: «Nous, les Verts, sommes très peu invités lors du 1er Août. C’est dommage, nous avons beaucoup de choses à dire sur la patrie: notre patriotisme à nous ne se confond pas avec le nationalisme!»
A gauche toujours, le président des socialistes, Christian Levrat (PS), joue la carte de la normalité. «Je fais toujours un discours dans ma région. Ce prochain 1er Août, ce sera à Vuadens: le village où je suis né, où j’ai grandi et où j’habite encore. Je veux mon discours chaleureux. Pas question de tomber dans la récupération politique.» La veille, il diffusera une vidéo enregistrée sur internet.
«Je prendrai la parole à Conthey, la commune de mon enfance, puis à Gampel-Steg dans le Haut-Valais», indique Christophe Darbellay. Le président des démocrates-chrétiens se montre évasif sur la nature de ses interventions: «Ce sera patriotique, donc politique, mais pas partisan, ou si peu…» Quant à Fulvio Pelli, il sillonnera la Suisse orientale pour quatre discours construits sur un schéma similaire, mais aux accents plus politiques lorsqu’il répond à l’invitation d’une section locale. Le président des libéraux-radicaux confie n’aller «que dans des fêtes simples, dans des lieux où je parle de mon pays, de la manière dont je le vois, de notre responsabilité à bien travailler et à regarder vers l’avenir!»