Depuis quatre jours les «ions plomb» ont remplacé les protons dans le plus grand accélérateur de particules du monde, le LHC, au CERN. Il n’a pas fallu davantage de temps pour enregistrer les premières collisions entre ces atomes de plomb débarrassés de leurs électrons. Elles ont eu lieu ce matin, à 11?h?20 exactement, dans des détecteurs situés sur le long de la boucle de 27?kilomètres du LHC, enterrés sous la frontière franco-suisse.
Pour le directeur général de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire, Rolf Heuer, ce succès est un «signe de maturité» de la machine. Pour les scientifiques, le passage à une exploitation avec ions plomb permettra de sonder la matière telle qu’elle existait dans les tout premiers instants de l’Univers. L’un des principaux objectifs est de produire d’infimes quantités de cette matière, appelée plasma quark-gluon, et d’étudier son évolution vers la matière qui constitue l’Univers aujourd’hui.
Trois des quatre expériences de l’accélérateur, ALICE, ATLAS et CMS, vont maintenant faire le plein des données issues de ces collisions jusqu’à la pause technique hivernale de l’accélérateur, le 6 décembre prochain.