ASSEMBLÉE DES DÉLÉGUÉS

L’UDC en campagne avec sa nouvelle initiative sur l’immigration

Par ATS le 28.05.2011 à 17:20. mise à jour le 28.05.2011 à 17:23

Le parti a adopté samedi à l’unanimité (420 voix à 0) un texte prévoyant le retour aux contingents et la renégociation de l’accord de libre circulation.

Comme en 2007, l’UDC lance une initiative sur les étrangers pour rythmer sa campagne électorale en vue des fédérales d’octobre. Le parti a adopté samedi à l’unanimité (420 voix à 0) un texte prévoyant le retour aux contingents et la renégociation de l’accord de libre circulation.

«Les gens en ont marre de l’immigration sans limite», a lancé Toni Brunner aux délégués de l’UDC réunis à Einsiedeln (SZ). La faute à la libre circulation ainsi qu’aux accords de Schengen et de Dublin qui enlèvent à la Confédération tout contrôle dans ce domaine, a dénoncé le président du parti de droite nationaliste.

Rappelant que le nombre d’immigrants a dépassé de 330’000 celui des émigrants ces quatre dernières années, le Saint-Gallois a attaqué le Conseil fédéral et la ministre de la justice en particulier, incapable selon lui, d’apporter des solutions.

«Madame Sommaruga n’est qu’une séductrice qui n’a jusqu’à présent produit rien d’autre que du vent.» Dopant la croissance démographique, l’immigration contribue à surcharger le trafic routier et les transports publics, ainsi qu’à faire exploser les prix du logement, a dénoncé Toni Brunner. Elle entraînerait aussi une augmentation du besoin en électricité. Les «illusions et rêveries» d’un marché du travail sans frontière seraient en train de s’évaporer, également au sein de l’UE.

Instruments de contrôle

«Notre initiative pour la limitation de l’immigration nous rendra les instruments de contrôle», a promis le conseiller national. Le texte présenté lundi dernier exige la réintroduction de contingents et de plafonds migratoires. Les frontaliers seraient aussi touchés.

Ces limites seraient fixées en fonction des besoins et intérêts économiques de la Suisse. L’initiative réclame aussi des critères stricts pour l’octroi de permis de séjour. Pour être autorisé à s’installer en Suisse, il faudrait prouver l’obtention d’un emploi, sa capacité d’intégration et les moyens de subvenir à soi-même.

L’UDC songe en outre à un système de points attribués, comme au Canada ou en Australie, selon des critères d’intégration. Elle refuse tout droit établi à un séjour durable, au regroupement familial et aux prestations sociales.

En cas de «oui» en votation, la Confédération devrait renégocier voire résilier des accords internationaux dont celui sur la libre circulation des personnes. Et la priorité irait aux Suisses en matière d’embauche.

Veiller à ses intérêts

«La Suisse doit d’abord se préoccuper de ses citoyens», a soutenu Ueli Maurer. Et le conseiller fédéral UDC de mettre en garde: «Si nous ne veillons pas à nos intérêts, personne ne le fera pour nous.» Le Zurichois a accusé Schengen et la libre circulation d’avoir «sournoisement relativisé» l’indépendance de la Confédération.

Christoph Blocher a lui aussi critiqué les accords liant Berne à Bruxelles. «Ce sont des projets mégalomanes par excellence», a estimé le vice-président du parti qui a réclamé leur dénonciation.

La Lucernoise Yvette Estermann, conseillère nationale d’origine slovaque, devenue suisse par mariage, a elle dénoncé la surreprésentation des étrangers parmi les bénéficiaires des oeuvres sociales.

Autres initiatives

L’UDC n’est pas seule à thématiser l’immigration. L’association Ecologie et Population (Ecopop) a lancé une initiative pour limiter la hausse de la population due aux migrations à 0,2% par an. Le texte exige aussi qu’au moins 10% des moyens de la coopération au développement soient affectés à la planification familiale.

Les Démocrates suisses ont également annoncé le lancement d’une initiative réclamant que la Confédération s’efforce d’équilibrer le solde migratoire. Il y a quatre ans, l’UDC avait misé sur l’initiative pour le renvoi des étrangers criminels - adoptée en novembre dernier - afin de donner un coup de fouet à sa campagne électorale.

On ne peut qu'approuver!

Et ne plus faire de permis de frontaliers.

@Le doc: Ne plus faire de permis de frontaliers, bravo! Et on ferme les manufactures horlogères et les hôpitaux?

Certains ne pensent qu'à l'argent!
Nous pensons "qualité de vie".
Il faut moins de bétonnage, moins d'anarchie, moins de vols, moins de criminalité, moins de stress, moins de compétition pendant que d'autre meurent de faim....
Rétablissont les frontières.

Et je rajoute que, pour respecter les mesures d'accompagnement réclamées par les pro-UE, il faudrait mettre un flic derrière chaque ouvrier.
Cet argent pourrait être utilisé pour aider les pauvres...

@Babar1: Les mesures d'accompagnement ne sont évidemment pas basées sur un flic derrière chaque ouvrier. Il s'agit d'avoir suffisamment d'inspecteurs du travail afin que la probabilité de se faire attraper soit assez haute pour éviter qu'un patron fasse du dumping. Pour cela, augmenter de quelques fois le nombre d'inspecteurs devrait suffire. C'est à cela que l'UDC s'oppose. Compréhensible quand on voit que des patrons membres de l'UDC sont pris la mis dans le sac avec des employés au noir.

Encore et toujours le même refrain… On est peut-être le pays de Schengen auquel ces accords ont le plus profité, et c'est nous qui ne sommes pas satisfaits. Retourner à la Suisse d'avant Schengen, avec ses usines qui ferment et son immobilisme économique: non merci!

A chacun son refrain... Celui de la gauche est: "Aidons toujours et encore tout le monde car, s'ils sont dans le besoin, c'est la faute au patronat, aux banques, aux assureurs, à la société de consommation." C'est créer des assistés!

Encore une initiative immonde de la part de l'extrême droite. Celle-ci prétend même que les étrangers sont responsables de la pollution. Quant à l'immobilier, les responsables sont les politiques et les régies qui font de l'immobilisme car ça les arrange bien...

Cette nouvelle initiative contre la surpopulation étrangère est issue du même tonneau que les initiatives Schwarzenbach des années 70. La multiplication des mesures vise tous les étrangers: les plus hauts revenus par l'absence de regroupement familial (vision anti-étrangers: ils font monter le prix de l'immobilier), les moyens revenus par les quotas (vision anti-étrangers: ils risquent de voler mon job), les bas revenus, avec le retour du statut de saisonnier (vision anti-étrangers: ils volent les assurances sociales et font baisser les salaires), les frontaliers (vision anti-étrangers: ils génèrent du trafic et volent des jobs). Cette initiative UDC montre la vision des stratèges du parti: il n'y a de bons étrangers que les étrangers en dehors de la Suisse. Bref, c'est le déni des innombrables apports positifs des étrangers à hauts revenus, à revenus moyens et à bas revenus à la Suisse.

@Fiatlux: Concernant les manufactures horlogères, on pourrait clairement les renvoyer dans leur intégralité de l'autre côté de la frontière. Ils ne font que de profiter des charges salariales et des impôts bas de la Suisse, du label Swiss made appliqué à la production d'entreprises n'employant que des Français. Il est triste de constater que, en quelques décennies, les employés suisses ont été presque intégralement remplacés par des Français, en tout cas pas pour une question de savoir-faire, mais uniquement de coûts.
Le salaire qu'on m'avait proposé dans une grande maison horlogère de la Vallée de Joux, en tant qu'ingénieur HES avec 10 ans d'expérience, était de 4500 fr. brut. Et après vous osez dire que les frontaliers ne font pas baisser les salaires?

@Ted_Demore: le dumping salarial, je le dénonce comme vous! Ce que vous avez vécu est honteux. Toutefois, contrairement à l'UDC, je soutiens sans condition d'efficaces contrôles contre le dumping salarial comme l'augmentation du nombre des inspecteurs du travail. Cela aurait peut-être évité votre mésaventure à 4500 fr. brut.
Quant à l'industrie horlogère, vous n'êtes pas sans savoir que c'est une industrie cyclique. Lors de la dernière crise, en 2008, certains comme Swatch Group n'ont pas licencié et ont pu faire face à la rapide et forte hausse de la demande.
Maintenant, dans l'industrie horlogère, il y a beaucoup de frontaliers, comme vous le dites, et quasiment zéro chomage chez les Suisses. En plus, il y a du débauchage actif d'employés chez les concurrents avec, dit-on, des surenchères de 1000 à 2000 fr. Conclusions: (1) il y a du travail pour tous, Suisses et frontaliers, (2) les frontaliers ne "volent" pas le travail aux Suisses, (3) l'initiative de l'UDC visant aussi les frontaliers dans ce contexte va fortement pénaliser une partie importante de l'économie exportatrice de la Suisse: l'industrie horlogère.

@Fiatlux: Pour qu'il y ait dumping salarial, encore faudrait-il que chaque profession ait une convention collective, ce qui est loin d'être le cas. Et même pour celles qui en ont une, les minima sont tellement bas qu'il est presque impossible de vivre avec en Suisse.
Les contrôles "efficaces" que vous prônez, je tiens juste à vous rappeler que c'est ce que ces menteurs de politiciens avaient promis tous en chœur lors dès votations sur les accords bilatéraux de 2000.
http://www.admin.ch/ch/f/pore/va/20000521/explic/f-pp0407.pdf
Aujourd’hui, force est de constater que la situation se détériore, mais que personne n'invoque la clause de sauvegarde qui aurait pu être utilisée. Cette clause ne sera plus utilisable dès l'année prochaine. Et de nombreux corps de métiers n'ont toujours pas de salaires minimaux, contrairement a ce qui avait été promis.
Dernièrement, dans ce journal, on pouvait lire que 40% des entreprises de l'UE travaillant en Suisse ne respectaient pas la loi! Il n'en faut de loin pas autant au niveau de la circulation routière pour qu'on truffe toutes les routes de radars. Etonnant, non?
Quant aux frontaliers, contrairement aux Suisses discrets et modestes pour la plupart, ils ne cessent de se mettre en avant et de prétendre qu'ils savent tout. Auprès de personnes aveuglées par une si grande estime de soi, ça marche et ils montent vite en grade. Une fois un poste aux RH atteint, étrangement, leur famille, leurs amis puis leurs voisins commencent à être tous engagés. Si le poste est aux achats, étrangement, une grande majorité des flux d’approvisionnement sont redirigés du côté de l'Hexagone. Je ne parle même pas de la quantité d'entreprises dans la construction qui traversent la frontière pour venir travailler ici. Comme si les gens ici n'étaient pas assez compétents...
P.S. Si vous voulez vraiment aider l'industrie horlogère, commencez par baser le salaire des frontaliers sur le cours de l'euro.
Vous connaissez beaucoup de Suisses qui ont eu 15% d'augmentation en une année?
(Si je pense comme ça, c'est que je fais partie de la minorité bafouée de Suisse dans l'entreprise où je travaille.)

@ o tempora o mores: Non, je ne crois pas que l'objectif du PS soit d'aider "tout le monde". Il me semble que c'est plutôt de donner une chance à tout le monde de ne pas être "des assistés", justement. Nuance. Il est aussi dans l'intérêt général d'assurer le minimum vital à tout un chacun dans le pays. Il n'y a qu'à voir la réaction des gens devant une dizaine de mendiants venus de l'Est à Lausanne. Alors imaginez, si l'aide sociale n'existait pas...

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