étude

Boire pendant la grossesse peut nuir à la fertilité future des garçons

Par ATS le 30.06.2010 à 07:30

Les mères qui consomment plus de 4,5 verres d'alcool par semaine pendant la grossesse pourraient altérer la fertilité future de leurs fils.

C'est ce qu'avance une étude danoise présentée mardi à Rome lors d'un congrès sur la fertilité.

Lorsque les mères ont bu 4,5 verres ou plus par semaine pendant leur grossesse, la teneur en spermatozoïdes du sperme de leurs fils, mesurée vingt ans plus tard, est plus basse d'un tiers par rapport à celui d'hommes non exposés à l'alcool in utero, indique cette étude, également publiée dans le journal "Human Reproduction".

A l'inverse, avec une consommation de moins de deux verres par semaine pendant la grossesse, le volume du sperme et la concentration en spermatozoïdes sont plus élevés, selon l'étude dirigée par le Dr Cecilia Ramlau-Hansen, de l'université d'Aarhus. Mais ce résultat pouvant être biaisé (par exemple par une déclaration inexacte de la consommation d'alcool par la mère) il n'est pas possible d'en tirer des conclusions, estime-t-elle.

Un verre contient 12 grammes d'alcool, soit l'équivalent d'une bière (330 ml), d'un petit verre (120 ml) de vin ou de spiritueux (40 ml).

"Notre étude montre une association entre une consommation modérée d'alcool (quatre à cinq verres par semaine) durant la grossesse et les plus basses concentrations en spermatozoïdes", indique Mme Ramlau-Hansen. Mais elle ne permet pas d'affirmer que l'alcool en est la cause et de plus amples recherches sont nécessaires avant d'établir un lien causal, souligne-t-elle dans un communiqué de la Société européenne de reproduction humaine (ESHRE).

L'étude concerne 347 garçons dont les mères ont été interrogées sur leur santé et leur mode de vie pendant leur grossesse. Suivis entre 2005-2006 alors qu'ils étaient âgés de 18 à 21 ans, les garçons ont été répartis en quatre groupes selon le degré d'exposition: le moins exposé (moins d'un verre par semaine) a servi de point de comparaison avec les trois autres (respectivement 1 à 1,5 verre par semaine, 2 à 4 verres, ou 4,5 ou plus).

Si l'impact de la consommation maternelle d'alcool sur le sperme des fils était confirmé, cela pourrait contribuer à expliquer la baisse de qualité du sperme observée ces dernières décennies, avance-t-elle. Jusqu'ici, la pollution (pesticides et autres perturbateurs endocriniens) sont le plus souvent mis en cause.

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