Libye

L'Algérie, prête à reconnaître le CNT, se rallie à la Libye

Par AFP le 01.09.2011 à 13:43. mise à jour le 01.09.2011 à 13:44

L’Algérie cherche à sortir de ses ambiguïtés sur la Libye, et assure qu’elle est prête à reconnaître les autorités de transition libyennes et en excluant d’accueillir Mouammar Kadhafi.

Convié par le président français Nicolas Sarkozy à la conférence internationale des "amis de la Libye", le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci a amorcé le ralliement d’Alger à la majorité de la communauté internationale.

Le Conseil national de transition (CNT) libyen "annonce un nouveau gouvernement représentatif de toutes les régions du pays", a noté le ministre. "Lorsqu’il l’aura fait, nous le reconnaîtrons", a-t-il déclaré sur la radio française Europe 1, à quelques heures de l’ouverture de cette conférence au palais de l’Elysée.

Attitude ambiguë

L’Algérie est le seul pays d’Afrique du Nord à n’avoir pas reconnu l’instance représentative de la rébellion. Affichant une "stricte neutralité" dans le conflit déchirant son voisin, elle s’est surtout attirée l’accusation de soutien au dirigeant déchu Mouammar Kadhafi et donné un sentiment d’isolement croissant face à l’élan créé par les révolutions arabes.

Alger "a eu dans toute cette affaire une attitude ambiguë, c’est le moins que l’on puisse dire", a relevé jeudi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

Mourad Medelci a rappelé qu’il avait rencontré le numéro deux de la rébellion Mahmoud Jibril fin août au Caire, et s’était entretenu à plusieurs reprises avec lui au téléphone. Un nouvel entretien est prévu en marge de la conférence de Paris, de même qu’avec Moustapha Abdeljalil, le président du CNT.

"Le CNT est porteur des volontés d’émancipation et de plus grande liberté du peuple libyen", a estimé Mourad Medelci, affirmant que l’Algérie avait été surtout gênée par l’intervention militaire étrangère, conduite par la France et la Grande-Bretagne, qui a abouti à la chute de Mouammar Kadhafi.

"Si nous avons eu un problème avec la façon dont la question a été traitée, ce problème est essentiellement lié au fait que nous sommes chatouilleux sur la question de souveraineté", a-t-il expliqué.

Motifs humanitaires

Le chef de la diplomatie algérienne a fait ces ouvertures vis-à-vis de la rébellion libyenne au moment où un autre pays clé, la Russie, annonçait qu’elle reconnaissait à son tour le CNT.

Le ministre algérien a de nouveau démenti que le territoire algérien ait pu servir de passage à une aide militaire pour le dirigeant libyen et justifié l’accueil d’une partie de sa famille par des motifs purement humanitaires. L’Algérie a accueilli en début de semaine trois enfants de Mouammar Kadhafi - Aïcha, qui a accouché d’une petite fille en terre algérienne, Mohammed et Hannibal - ainsi que de Safia, la seconde épouse du leader déchu. Mais Mourad Medelci a assuré qu’il n’était pas question d’offrir l’asile à l’ancien guide libyen.

"L’Algérie ne prendra pas partie pour Kadhafi", a insisté le ministre. "Jamais, l’hypothèse n’a été examinée chez nous que M. Kadhafi pourrait venir frapper à notre porte", a-t-il ajouté.

Selon le quotidien algérien El-Watan, Mouammar Kadhafi aurait tenté de négocier avec les autorités algériennes d’entrer en Algérie à partir de la ville libyenne frontalière de Ghadames où il se trouverait avec sa famille. Citant des sources proches de la présidence algérienne, le journal francophone écrit que l’ex-homme fort libyen aurait "tenté de joindre au téléphone le président Abdelaziz Bouteflika qui a refusé de prendre la communication".

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