En 2007, le Parti démocrate-chrétien (PDC) parvenait à progresser de 0.1?point à 14.5%. Une première depuis 1979. Son président, Christophe Darbellay, espère cette fois un grand bond en avant.
Votre objectif est 17%. Les sondages vous voient sous les 14%. Vous rêvez éveillé?
Je ne rêve pas, je travaille. Nous avons fait 14,5% aux dernières élections fédérales. Avec notre bilan, de l’engagement et de la discipline, avec des personnalités fortes, nous pouvons atteindre cet objectif: c’est réaliste, mais ambitieux. En termes de sièges, nous voulons rester le N0 1 au Conseil des Etats et progresser de trois sièges au Conseil national, par exemple dans le Jura, à Obwald ou à Lucerne.
Le PLR est votre principal concurrent. Pourquoi voter PDC plutôt que PLR?
Je ne crois pas que notre principal adversaire politique soit le PLR. Nous avons nombre de positions communes et collaborons souvent. L’adversaire de ce pays, c’est la polarisation, les blocages, les alliances contre nature entre le PS et l’UDC. Tout cela est profondément antisuisse: le succès de ce pays est dû à une politique du centre, en recherchant ensemble des solutions.
Vous n’abordez pas la migration, thème cher aux Suisses, selon un sondage. Pourquoi?
Tout d’abord, ce sondage a été réalisé dans le sillage de la votation de fin novembre sur les criminels étrangers, suite à une campagne à 10 millions de francs. La hausse des primes d’assurance-maladie, l’emploi, la famille ou l’environnement préoccupent aussi les gens. Nous ne nions pas la problématique migratoire. Notre politique ne sera jamais xénophobe, mais elle restera exigeante en matière d’intégration de la population étrangère.
Séduire à Zurich et dans le val d’Entremont. Qui trop embrasse mal étreint...
Quel préjugé! Même dans le val d’Entremont, où on n’aime pas forcément les écologistes en sandales, il y a une communion avec la nature extrêmement forte. Le respect de la création fait partie de notre programme depuis 2000 ans. Il y a énormément de valeurs communes qui unissent nos électeurs. Pourquoi ne serait-il pas possible de mettre des Genevois, des Zurichois et des Valaisans dans les autres partis, et pas au PDC?
Des sections alémaniques aimeraient parler migrations. Une fronde se prépare?
Non. C’est la nervosité d’un début de campagne. Depuis quatre ans, nous apportons des réponses sur les questions migratoires et de sécurité. Notre leitmotiv: humaniste, mais sévère quand ça ne fonctionne pas. Nous n’aurons pas de réticence à aborder ces thèmes-là dans la campagne.
Doris Leuthard veut doubler le prix de la vignette, raboter les déductions des pendulaires. Sera-t-elle un boulet électoral, comme l’a été Pascal Couchepin en 2003 pour le PLR avec la retraite à 67?ans?
Absolument pas. Doris Leuthard est brillante, populaire, courageuse et surtout, responsable. Elle prend les choses en main dans un département qui a dormi durant quinze?ans sous le socialiste Moritz Leuenberger. Elle y découvre des cadavres dans les placards. Il manque des milliards pour la route et pour le rail, alors, il faut esquisser des solutions. Qu’on soit d’accord ou non.
Doris Leuthard ne figure pas sur vos affiches, contrairement à la campagne de 2003. Voulez-vous cacher votre conseillère fédérale?
Précision: en 2003, son nom figurait sur des affiches, mais pas sa photo. Rassurez-vous, nous ne la cachons pas. Mais un membre de l’exécutif fédéral n’est pas un jouet de campagne électorale. Il est cependant clair que si nos adversaires politiques utilisent directement l’image de leurs conseillers fédéraux, nous reverrons notre stratégie. Avec d’autant plus de plaisir que la nôtre est la plus populaire. Finalement, c’est au Conseil fédéral de fixer les limites de son engagement.
La candidature de l’octogénaire Jacques Neirynck ne démontre-t-elle pas un cruel manque de relève dans le plus grand canton romand?
Je vous assure que bien des jeunes de 20?ans aimeraient avoir les facultés intellectuelles de Jacques Neirynck. Et il représente toute une catégorie de la population vaudoise. Mais la relève existe, comme l’incarne par exemple notre candidat à la Municipalité de Lausanne, Axel Marion, ou encore Michele Mossi. Dans un canton où nous sommes peu implantés, une des manières de s’imposer est aussi de miser sur des personnalités, comme nous l’avions aussi fait avec Jean-Charles Simon dans les années 90. Une stratégie que nous poursuivons. Mais, à ce stade, je ne peux pas vous donner de noms, des tractations étant toujours en cours.