Après une mise en bouche samedi par Fulvio Pelli, la valse des discours du 1er août a véritablement démarré dimanche. Trois conseillers fédéraux ont exprimé leur patriotisme, chacun à sa manière: Ueli Maurer, Johann Schneider-Ammann et Eveline Widmer- Schlumpf.
Il faut lutter ensemble contre le dénigrement systématique et la désolidarisation en Suisse, a déclaré Mme Widmer-Schlumpf à Hinwil (ZH). Faire passer ceux qui pensent différemment pour «non-suisses» est inacceptable, a ajouté la ministre PBD. Il faut au contraire rechercher le compromis, bien suisse, grâce auquel nous vivons en paix depuis longtemps.
Avec ces propos, Mme Widmer-Schlumpf a été vivement applaudie par les pensionnaires du home pour personnes âgées où elle s’exprimait, à Hinwil, commune d’origine de son collègue UDC Ueli Maurer. Dimanche, elle prendra la parole le matin à Greifensee (ZH) et le soir à Berne.
«Pouvoir dire non»
Ueli Maurer était lui à Wildhaus (SG). «Une qualité importante de la citoyenneté est de pouvoir dire non», a-t-il assuré.
Pour le ministre de la défense, «céder ne fait qu’engendrer de nouvelles exigences allant toujours plus loin». Une allusion aux prétentions de l’Union européenne et des Etats-Unis.
M. Maurer, qui s’exprimait dans une ferme de montagne devant 350 personnes, a relevé les aspects positifs de la Suisse: prospérité, liberté, sécurité et indépendance. Une qualité de vie due à la population, travailleuse et responsable, en tant que plus haute instance politique.
Mais pour ce qui est de l’immigration, «on ne laisse entrer que les visiteurs bienvenus et dignes de confiance dans sa maison», a dit M. Maurer. Le ministre devait tenir encore un discours dimanche soir à Rorschach (SG) et lundi à Trub (BE), Bauma, Niederglatt et Bubikon (ZH).
Années difficiles
Se référant à Winston Churchill, Johann Schneider-Ammann s’est voulu réaliste dimanche à Langenthal (BE): «Les deux ou trois années qui viennent seront difficiles», a-t-il prévenu au vu de la situation économique et de la cherté du franc.
Passablement critiqué ces derniers temps, Johann Schneider-Ammann a tenu à clarifier les choses: il souhaite être réélu, «mais pas en cherchant à plaire par des décisions populistes, voire dangereuses, dénuées d’effets positifs à long terme».
Et de dénoncer certaines propositions pour lutter contre la cherté du franc: «De la poudre aux yeux à des fins électoralistes». «Certains en viennent même à exiger des démissions comme solution miracle», a-t-il critiqué, alors que sa présence au gouvernement a été remise en question. M.Schneider-Ammann doit prononcer lundi un autre discours à Saanen, dans l’Oberland bernois.
«Incendiaires» de la liberté
Hans Grunder, le président du Parti bourgeois-démocratique (PBD), a plaidé pour une Suisse libre et ouverte. Dimanche à Herzogenbuchsee (BE), il a mis en garde contre ceux qui jouent avec la liberté. Le conseiller national bernois a notamment fait une critique sévère du discours de l’UDC, sans jamais citer nommément ce parti.
Pour le président du PBD, la dévalorisation du modèle suisse laisse la place aux voix extrémistes: «Il est naïf de croire que la rhétorique violente ne peut se transformer en violence», a soutenu le politicien, en rappelant les récentes attaques en Norvège. M. Grunder est attendu lundi à Horn (TG).
A Conthey (VS), le président du PDC Suisse Christophe Darbellay a lui aussi plaidé pour une Suisse ouverte. La Suisse ne doit pas adhérer à l’Union Européenne, mais ne doit pas s’enfermer. Les accords bilatéraux sont importants et la Suisse en a besoin, a déclaré M. Darbellay. «Je ne donne pas cher de notre peau» si le pays s’isole et se replie dans une sorte de réduit.
Christoph Blocher s’exprimait quant à lui dimanche à Schwarzenegg, dans l’Oberland bernois, a l’occasion des 200 ans de la naissance du conseiller fédéral radical Ulrich Ochsenbein, natif de cette commune et considéré comme un des fondateurs de la Suisse moderne.
Pelli ouvre les feux
Les festivités du 1er août ont débuté vendredi déjà sur la Place fédérale à Berne par un Openair qui a attiré près de 15’000 personnes.
Parmi les politiciens, le président du PLR Fulvio Pelli a été le premier à prendre la parole samedi à Pizol (SG). Il a rappelé l’attachement de son parti à la concordance.