Interview

L'UBS perd ses collaborateurs les plus qualifiés

Par ats le 16.05.2009 à 11:55

A cause des pressions politiques, la banque n'est plus compétitive en matière salariale, selon le président du Conseil d'administration, l'ex-conseiller fédéral Kaspar Villiger.

L'UBS doit faire face à des départs parmi ses collaborateurs les plus qualifiés. Selon le président du conseil d'administration Kaspar Villiger, ce phénomène est dû aux adapatations salariales que la banque en difficulté a consenties sous la pression politique.

"Nous constatons que nous perdons de manière systématique des employés dont nous avons besoin dans certains importants secteurs", déclare l'ex-conseiller fédéral dans une interview publiée samedi dans la "Berner Zeitung". Si cet exode s'avère dramatique aux Etats-Unis, il n'est pas si grave en Suisse.

Selon M. Villiger, l'UBS ne peut plus faire face à ses concurrents en matière de salaires. A la différence d'autres établissements, "l'UBS a accompli de grands pas dans la direction souhaitée par la politique". Désormais, il faut prendre des mesures en vue de conserver des collaborateurs, explique le Lucernois, sans toutefois en livrer les détails.

Dans un tel contexte, M. Villiger, qui a succédé il y a peu à l'éphèmere Peter Kurer à la présidence de l'UBS, appelle les politiciens a faire preuve de mesure en matière de réglementation, en particulier au niveau salarial, un sujet fortement débattu dans le public. Adopter des prescriptions en matière de rémunérations constituerait la "plus stupide" décision "pour un pays comme la Suisse".

Veiller aux conditions cadres

Une telle réglementation pourrait désavantager de grands groupes comme Nestlé. Le géant veveysan de l'industrie alimentaire est basé en Suisse en raison des bonnes conditions cadres qui y prévalent, alors que le marché indigène ne représente pas grand chose pour la multinationale. La Suisse doit veiller à ce que ces entreprises restent ici.

Une sur-réglementation mettrait en danger la compétitivité de la Suisse, met en garde Kaspar Villiger. Non seulement les banques en souffriraient, mais l'ensemble de la place économique suisse.

M. Villiger ne cache pas que les suppressions d'emplois massives au sein de l'UBS ont contribué à créer de l'incertitude. "Nous devons rapidement mettre les choses au clair", a souligné le président de l'établissement qui est entré en fonction il y un mois.

L'UBS doit "faire le ménage" et réduire de manière conséquente ses coûts. En parallèle, la banque, premier gestionnaire de fortune de la planète au temps de sa splendeur, doit générer de nouveaux revenus. "On ne peut pas simplement assainir une entreprise, en économisant sur les charges. On doit aussi regarder vers l'avenir au niveau entrepreneurial", note M. Villiger.

Bénéficiaire en Suisse

En dépit de ses déboires liés à la crise du crédit, l'UBS demeure à la pointe dans de nombreux secteurs. En Suisse, l'établissement travaille bien: "Nous sommes bénéficiaires et représentons un pilier de l'économie suisse." Même en ces temps difficiles, l'UBS s'efforce de pourvoir l'économie helvétique en crédits.

Pour mémoire, la plus grande banque suisse a essuyé une perte nette de 2 milliards de francs au premier trimestre 2009, après avoir bouclé l'année 2008 dans le rouge à hauteur de 20 milliards de francs. M. Villiger n'a pas livré de prévisions en matière de résultats dans l'interview.

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