SANTÉ

Le tarif des analyses? Une question de principe

Par Laurent Aubert le 10.03.2009 à 00:01

Pour les médecins, la baisse du tarif des analyses n’est pas seulement une attaque sur leurs revenus. Elle contredit le soutien officiel à la médecine de premier recours.

Revaloriser la rémunération des médecins généralistes afin de compenser la baisse des tarifs des laboratoires? A deux semaines de la grève annoncée par les praticiens vaudois et genevois, l’idée est avancée de relever la valeur du point tarifaire (TarMed) pour les généralistes. Solution qui rendrait la profession plus attractive au moment où la relève tarde à montrer le bout de son nez.

En 2004, un médecin gagnait 200?000?francs net par an en moyenne, selon la Fédération des médecins suisses (FMH). «Pas vraiment un salaire de famine», réagit Jean-Marc Crevoisier, chef de la communication au Département fédéral de l’intérieur (DFI). «Nous avons bien essayé de favoriser les généralistes par le biais de la liberté de contracter, précise le porte-parole. La FMH et les assureurs pourraient ainsi s’entendre sur un relèvement du point TarMed pour les médecins qui pratiquent dans les zones périphériques. Mais la FMH dit niet à la levée de l’obligation de contracter.»

TarMed n’est pas adapté
Pour le président de la FMH, Jacques de Haller, la question est autre: «La baisse des tarifs de laboratoire a une valeur symbolique: elle touche de plein fouet les généralistes alors que le discours officiel est de favoriser la médecine de premier recours.» Aujourd’hui déjà, beaucoup de cabinets ne gagnent rien sur les analyses.

Le vrai problème, selon Jacques de Haller, c’est celui de la relève: «Une étude fribourgeoise montre que plus de la moitié des généralistes installés dans le canton sont âgés de 55?ans et plus.» Et le TarMed ne lui paraît guère adapté pour revaloriser la profession: «La valeur du point est par principe la même pour tous. Seules certaines spécialités, acquises après une longue formation comme la neurochirurgie, ont droit à une indemnisation majorée.» Constat partagé par les assureurs. «Revaloriser le point pour les généralistes uniquement est périlleux, estime Michel Reichenbach, porte-parole de SantéSuisse. TarMed a été établi selon des paramètres très précis. Il convient d’en préserver l’équilibre.»

«Le nœud du problème réside dans l’opposition entre généralistes et spécialistes, lance Jean-Marc Crevoisier. Pourquoi observe-t-on de telles disparités de revenus?» Mais Jacques de Haller ne s’en laisse pas conter: «Pas question, pour la FMH, d’entrer dans un jeu consistant à prendre aux uns pour donner aux autres. La revalorisation du métier de généraliste doit être une décision politique incombant aux autorités.»

Effets d’échelle
Pour le président de la FMH, on néglige les effets d’échelle: une réduction, même drastique, des revenus des spécialistes les mieux dotés ne permettrait pas d’augmenter notablement les revenus de milliers de généralistes. TarMed n’est pas un remède miracle, même si des aménagements sont envisageables, pour la rémunération des gardes, par exemple. De son côté, Michel Reichenbach rappelle que le DFI a prévu des compensations à la baisse des tarifs des analyses pour les généralistes. «Il faut tenter l’expérience et voir si cela fonctionne. Si le mécanisme devait s’avérer insuffisant, il sera toujours possible de l’adapter.» A SantéSuisse en tout cas, on se défend de vouloir la mort des généralistes. «Ce n’est pas dans notre intérêt.»

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