Oubliez la débauche de chevaux, les designs sportifs, les voitures gadgets, les peintures tape-à-l’œil ou les grosses berlines de luxe. Si le Salon de l’auto est une magistrale vitrine de l’exubérance automobile, c’est du côté des petites voitures classiques, sans chichi, que bat le cœur des Suisses au quotidien. C’est du moins celles-ci qui vont une nouvelle fois caracoler en tête des ventes en 2010.
Après une année 2009 catastrophique pour la branche – le marché a reculé de 7,8% – les dix marques les plus vendues dans notre pays pronostiquent un retour des bonnes affaires avec, en fer de lance, une confirmation des hits de 2009.
Chez VW, ce sera une fois encore l’inoxydable Golf qui va faire le plus gros volume des ventes. On prévoit Clio et Mégane chez Renault, Astra et Corsa chez Opel, 207 chez Peugeot. L’Audi A3, la Skoda Octavia ou les Ford Fiesta et C-Max devraient aussi faire un carton.
Entrée de gamme de luxe
«Les Suisses aiment les valeurs sûres, sourit un vendeur de Volkswagen. Ils recherchent des voitures fiables et qui ont fait leurs preuves. L’équipement est secondaire. Le prix est tout relatif. Avec les leasings, on peut s’offrir presque tout ce qu’on veut.» Reste que la somme moyenne à débourser pour acheter l’une des voitures les plus vendues chez nous oscille entre 18?000 et 30?000 francs.
Du côté des grosses allemandes, les «entrées de gamme» Série 3 (chez BMW) ou Classe C (chez Mercedes) portent tous les espoirs. Des voitures entre 40?000 et 50?000 francs. Le luxe s’est fait abordable. «La grande tendance est aux moteurs peu gourmands en carburant, explique Beda Durrer, directeur des ventes chez BMW. La demande est forte sur le diesel et les petites cylindrées.» Ce n’était pas vraiment le fonds de commerce de ces constructeurs il y a peu encore.
Poussée hybride
Autre icône du classicisme helvétique en termes de voiture, la petite Toyota Yaris. Elle devrait encore rester en tête de classement chez le constructeur nippon, qui espère en écouler plus de 3000 exemplaires en Suisse. Soit un peu plus que l’an dernier. «Nous nous attendons aussi à une forte croissance des modèles hybrides, prédit Hugo Christen, chef des ventes chez Toyota. L’hybride va représenter cette année 15 à 20% des nouvelles affaires.»
Ce 80e Salon de l’auto sera aussi celui de l’embellie. Les nouvelles immatriculations ont repris de la vigueur en ce début d’année avec une hausse de 5,8% des ventes. Les affaires sont bonnes, notamment pour Renault, Peugeot, Ford, Audi, VW ou Toyota… Tiens ce sont les marques préférées des Suisses!
Mais où sont donc passées les couleurs?
Jaune citron, vert menthe, rouge éclatant, bleu pétrole… Au Salon de Genève, les stands pétillent de couleurs. Dans les catalogues, les constructeurs multiplient les gammes chromatiques de leurs carrosseries. Dans la réalité pourtant, plus de 50% des voitures neuves immatriculées sont noires, grises, anthracite ou blanches. Un peu morne tout ça. «La faute au marché de l’occasion, dit Patrick Ganière, chef de vente chez Peugeot. Une couleur trop originale ne facilite hélas pas la revente. Du coup, les clients optent pour des teintes passe-partout.» «Plus une voiture va être petite, urbaine, fun, ludique, plus l’acheteur osera la couleur, note Hugo Christen, de Toyota. Pour les voitures plus conventionnelles, le client va rechercher des teintes pratiques peu salissantes.» A noter encore que le blanc, notamment perlé, a la cote. Les tons neutres chaleureux beiges et bruns connaissent aussi une jolie popularité.
Tarifs CFF: la nouvelle hausse annoncée est-elle acceptable?