Le plus grand danger pour un soldat suisse au Kosovo, c’est… ses camarades! Selon la Weltwoche , des débordements auraient entaché le service des quelque 200?soldats de la Swisscoy, la force suisse de maintien de la paix au Kosovo.
Citant des gradés anonymes, l’hebdomadaire évoque des beuveries à répétition au camp de Suva Reka – où les Suisses logent avec les Autrichiens.
Beaucoup de soldats se seraient enivrés tous les soirs, au point de tomber à terre et d’être incapables de servir le lendemain.
Les bagarres ne seraient pas rares: un soldat a dû être hospitalisé après une dispute au couteau. La Weltwoche évoque des jeux dangereux, comme faire exploser des grenades pour rire. Un bout de film, visible sur internet, montre d’ailleurs un milicien en train de faire péter un engin sous une couche de glace. Des soldats se seraient également illustrés en fréquentant des prostituées, lors de leurs congés, dans une station de ski en Bulgarie.
Suite à ces informations, qui visent le contingent?21 de la Swisscoy et son ancien responsable, Ueli Maurer a demandé mercredi un rapport au chef de l’armée. Le ministre UDC exige «un aperçu complet de la situation». Ces révélations tombent juste avant la visite de deux jours sur place d’une délégation des Commissions de politique de sécurité (CPS) du parlement. Elle s’envolera dimanche soir pour le Kosovo.
«Peu glorieux»
«Le moment pour ces révélations n’est pas forcément un hasard», admet le sénateur vaudois Luc Recordon (Verts), membre de la CPS des Etats. L’UDC, en effet, est hostile aux engagements armés à l’étranger et la ligne rédactionnelle de la Weltwoche est proche de ce parti. Cela dit, Luc Recordon relativise la portée des révélations: «Ce sont des actes peu glorieux, mais cela semble assez banal que des soldats se saoulent, se querellent et aillent au bobinard. On ne parle pas de meurtres ou de viols, il s’agit d’écarts disciplinaires.»
Membre de la CPS du National, le Zougois Jo Lang (Verts) considère tout de même que «si la moitié de ce qu’avance la Weltwoche est exact, c’est grave. Cela dit, il faut tirer les choses au clair. Par exemple, la fameuse grenade à main qu’on voit sur internet me semble plutôt être une bombe lacrymogène.» Vice-président de la Société suisse des officiers (SSO), Denis Froidevaux prend acte des accusations de la Weltwoche . S’ils sont avérés, «ces comportements sont inacceptables car ils hypothèquent la valeur ajoutée qu’est précisément censée apporter une force de stabilisation à l’étranger».