MARTIGNY

Rixe mortelle en pleine rue

Par NADINE HALTINER le 25.05.2010 à 00:02

Une fusillade a éclaté dimanche soir entre des ressortissants des Balkans et des Portugais du Cap-Vert. Un homme est mort. Si les auteurs ont été arrêtés, la police clame son ras-le-bol.

Il était 19?h?05 dimanche quand une fusillade est survenue en plein centre-ville de Martigny. Sous un soleil de plomb, une dizaine de ressortissants d’ex-Yougoslavie et cinq Portugais du Cap-Vert se croisent par hasard sur la place Centrale. Pour une raison encore indéterminée, une bagarre éclate. L’un des hommes dégaine alors son pistolet et tire. En face, un autre fait de même. Au moins sept coups de feu sont échangés, des balles traversent les vitrines et s’encastrent dans les murs des commerces.

Touché à la poitrine, l’un des tireurs présumés, un Serbe de 36?ans, décédera plus tard au CHUV. Un autre Serbe de 29?ans et un Capverdien de 27?ans sont blessés. «Par chance, aucun passant n’a été touché», soupirait hier Jean-Marie Bornet, porte-parole de la police cantonale valaisanne. Mais les habitants sont sous le choc.

«Ma mère était présente»
«Ma mère était présente, raconte un jeune de 16?ans qui vit à deux pas de la place Centrale. Elle allait chercher sa voiture dans le parking, quand elle a vu les groupes en train de se disputer. Elle a accéléré le pas pour s’en éloigner, puis elle a entendu des bruits sourds. En apprenant plus tard qu’il s’agissait de coups de feu, elle s’est rendu compte qu’elle aurait pu y rester. Elle n’en a pas dormi de la nuit. Ici, nous n’avons pas l’habitude de ce genre de crimes.»

Les forces de l’ordre sont intervenues rapidement et ont pu interpeller les suspects. Elles ont découvert qu’un des auteurs avait tiré avec un pistolet de 9?mm équipé d’un silencieux. L’autre arme, un pistolet de calibre 38 spécial, n’a toujours pas été retrouvée.

Alors que des plongeurs fouillaient hier le lit de la Dranse, Jean-Marie Bornet témoignait de son désarroi. «Nous en avons marre. Certains suspects des deux bandes sont connus de nos services. Nous les avons arrêtés à plusieurs reprises. C’est inadmissible qu’ils puissent encore se promener dans nos rues avec des armes.»

Connus des autorités
L’an dernier, ils avaient défrayé la chronique en commettant plusieurs actes de violences à Martigny. L’un des Capverdiens avait ainsi participé à une rixe dans laquelle deux policiers avaient été blessés en octobre 2009. Cette série de crimes laisse un goût amer aux 16?500 habitants de la ville. «Nous parvenons à résoudre 92% des actes violents, explique Jean-Marie Bornet. Mais les auteurs n’écopent que de jours-amendes ou de peines légères. Cela n’est pas dissuasif. Il est temps que la politique agisse et trouve des sanctions plus efficaces.»

Un appel auquel l’UDC n’a pas tardé à répondre. Hier soir, sa section valaisanne brandissait son initiative sur le renvoi des délinquants étrangers. Sur le plan local, elle annonce vouloir installer des caméras de surveillance dans les endroits sensibles. «Nous allons saisir le Grand Conseil en espérant obtenir une majorité politique pour durcir certaines lois», promet Oskar Freysinger, président de la section.

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