Le retour des deux hommes d’affaires suisses retenus depuis plus d’un an en Libye devrait se faire "ce soir ou demain", a indiqué mardi le sociologue suisse Jean Ziegler qui a des "relations privilégiées" avec le régime libyen.
Le retour au pays de Max Göldi et de Rachid Hamdani - les deux Suisses retenus à Tripoli dans le cadre de l'affaire Hannibal Kadhafi - semble donc imminent, mais est aussi lié aux lenteurs administratives d'un pays musulman qui vient d'entrer dans le mois du Ramadan.
En milieu d'après-midi, rien n'est confirmé officiellement, mais tout indique que l'opération de rapatriement est en cours.
Le «Mystère 50» de la «Swiss Air Force», l'avion du Conseil fédéral, a décollé de l'aérodrome de Berne - Belp vers 12 h 45. Nul ne sait qui se trouve à bord. Seule certitude: Hans-Rudolf Merz, en conférence de presse au moment du décollage, n'est pas à bord.
Destination Tripoli. L'atterrissage n'a pas été officiellement confirmé, mais le vol - deux heures et demie à trois heures - s'est manifestement déroulé sans problème marquant.
Et le retour? Derrière le black-out officiel perce une opinion dominante: pas ce soir. Dans un pays musulman qui entre dans le mois de jeûne du Ramadan, les procédures administratives et techniques ralentissent. Le Falcon ne décollerait logiquement pas avant le coucher du soleil. Ou plus probablement encore, demain au lever du jour...
24 heures de suspense
«Le calvaire de Max Göldi et Rachid Hamdani touche à sa fin», affirme depuis hier L'Hebdo sur son site Internet.
Retenus depuis plus d’une année en Libye, ces deux Suisses devraient rentrer ce mardi 25 août, affirme l'hebdomadaire, s'appuyant sur plusieurs sources libyenne et suisse. Ils auraient même déjà reçu le document de sortie de la part des autorités libyennes.
les choses se sont précipitées en début d'après-midi. Sur l'aérodrome de Berne - Belp, où règnait une effervescence inhabituelle depuis tôt ce matin, l'avion du Conseil fédéral a décollé vers 12 h 45.
Merz se tait - et reste à Berne
Le gouvernement ne veut pas communiquer sur le sujet. Et Hans-Rudolf Merz continue de se murer dans le silence à propos des otages suisses en Libye. Les services du président de la Confédération ont explicitement refusé toute question concernant l'affaire ce mardi lors d'un point de presse.
Une trentaine de journalistes se sont rendus au siège du Département fédéral des finances à midi dans l'espoir d'en savoir plus sur le sort des deux hommes et les concessions controversées faites par Hans-Rudolf Merz à Tripoli.
Or, le ministre des finances n'a rien dit à ce sujet. Sa cheffe de l'information Tanja Kocher a interdit de manière répétée toute question relative à l'affaire libyenne, soulignant que seules les questions concernant la convention de double imposition signée avec le Luxembourg seraient tolérées.
Seule certitude: le président de la Confédération n'est pas à bord du «Falcon» fédéral en vol pour Tripoli.