Offrir des primes meilleur marché à ceux qui vivent sainement: l’idée resurgit dans un document du Parti libéral-radical (PLR), révélé hier par Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung . Ceux qui fument, boivent trop, ne bougent pas assez ou encore sont trop gros pourraient être désavantagés. Solution miracle ou fausse bonne idée?
Si ce document est approuvé par les délégués du PLR, ces recettes seront concrétisées dans des interventions parlementaires. «Nous proposons d’inscrire dans la loi la possibilité de récompenser ceux qui vivent sainement, précise Fulvio Pelli, président du PLR. Mais les caisses resteraient libres de faire une telle offre ou non.» A elles, également, de décider comment ce bonus serait mis en œuvre. Une piste évoquée: évaluer le style de vie grâce à l’indice de masse corporelle.
Prise de sang pour tous?
Le passage à la pratique, justement, pourrait s’avérer compliqué. «Au PDC, nous avons étudié un tel modèle, explique la conseillère nationale Thérèse Meyer-Kaelin (PDC, FR). Or les statistiques montrent qu’il faut se concentrer sur la sédentarité, qui tue davantage que le tabac ou l’alcool. Il faudrait donc contrôler que les gens bougent, ce qui est difficile!»
«Devrait-on effectuer des prises de sang pour vérifier que les assurés n’ont pas bu trop d’alcool?» s’interroge Liliane Maury-Pasquier (PS, GE), avant de redouter la stigmatisation de certains comportements ou la remise en question du principe de solidarité entre assurés. Difficile à appliquer: Dominique Baettig (UDC, JU) partage cet avis. «Comme médecin, je sais aussi que la corrélation entre une vie saine et une bonne santé n’est pas toujours directe…»
Dans son document, le PLR se penche aussi sur le système de tarification de la santé. Exit les tarifs globaux, négociés entre groupes d’intérêts, sous le contrôle de la Confédération! Le PLR propose des contrats individuels entre prestataires de soins et assurances.
Corollaire, le PLR veut lever l’obligation de contracter, et donc laisser les assureurs libres de choisir les médecins dont ils vont rembourser les prestations. Autre nouveauté: une agence nationale évaluerait la qualité des institutions de santé. «Nous croyons à un système sanitaire libéral, résume Fulvio Pelli. Or nous constatons avec inquiétude la tendance inverse! Bientôt, l’Etat nous dira chez quel médecin ou dans quel hôpital nous devons nous rendre!»
Ces propositions s’inscrivent évidemment dans un débat plus général. Une sous-commission du National, qui vient de terminer ses travaux sur le managed-care, suggère que toutes les caisses se mettent aux réseaux de soins.? L’opportunité de supprimer l’obligation de contracter devrait elle aussi être étudiée. Logique donc que les partis politiques fourbissent leurs armes.