«Nombre de psychologues, de psychiatres, ont démontré qu’il n’y avait pas de relation entre célibat et pédophilie, mais beaucoup d’autres ont démontré, et m’ont dit récemment, qu’il y a une relation entre homosexualité et pédophilie.» La polémique ne cesse d’enfler autour de ces propos lâchés lundi par le cardinal Tarcisio Bertone. Hier, la France a condamné l’«amalgame inacceptable» fait par le numéro 2 du Vatican entre homosexualité et pédophilie. Sous pression, le Vatican a affirmé que le prélat ne parlait que des cas de pédophilie dans le clergé. Une opinion qui trouve un écho… en Suisse.
Ainsi, Marc Donzé, vicaire épiscopal à Fribourg, affirmait mardi dans La Liberté que le problème de la pédophilie n’était pas lié au célibat. «En revanche, écrit-il, il semble être lié souvent aux tendances homosexuelles: plus de 90% des prêtres condamnés pour pédophilie aux Etats-Unis sont homosexuels. Un discernement plus strict à cet égard s’impose dans le cadre de la formation des prêtres.»
Si Marc Donzé n’était pas joignable hier, son propos suscite l’embarras. No comment, lance ainsi la Conférence des évêques suisses. D’autres hommes d’Eglise nous ont en revanche soufflé que ces mots sont «imprudents» et «déplacés».
Pour les associations homosexuelles, il n’y a guère de doute. «L’Eglise catholique joue sur des peurs qui prévalaient il y a des dizaines d’années, quand on faisait croire que les homosexuels étaient tous pédophiles, fustige Jean-Paul Guisan, secrétaire romand de Pink Cross. Depuis, les études ont montré que l’orientation sexuelle n’avait rien à voir avec la pédophilie.» Pour ce théologien, qui a fondé le groupe chrétien homosexuel en 1988 déjà, l’Eglise recherche des boucs émissaires pour ne pas endosser la responsabilité des cas de pédophilie.