Votations fédérales

Passeport biométrique, premières réactions

Par Xavier Alonso/Ron Hochuli/ Serge Gumy le 17.05.2009 à 16:43

Partisans comme opposants au nouveau passeport biométrique voient dans ce scrutin ultra-serré une petite victoire de leurs positions respectives. Morceaux choisis.

 

Josef Zisyadis (conseiller national, A gauche toute): "Le résultat est si serré que j'aimerais que l'on procède à un recomptage. Le peuple a adressé un message de méfiance, que ce soit vis-à-vis du Conseil fédéral, de l'obligation de posséder des documents d'identité biométrique et de la centralisation des données. Sur cette base, le Conseil fédéral n'a d'autre choix à mon sens que de renoncer à rendre la puce électronique obligatoire sur la carte d'identié. Il doit aussi promettre que le Parlement aura son mot à dire sur les développements futurs de la puce du passeport biométrique."

 

Olivier Français (rad), municipal de Lausanne et conseiller national: "J'étais certes favorable au passeport biométrique, mais il faut bien se garder de crier victoire. Car c'est aujourd'hui que le travail commence. Les Suisses ont d'abord voté pour un document de voyage. Or, ce document comporte des données humaines, donc extrêmement sensibles. Des données électroniques dont on sait bien qu'une garantie de sécurité à 100% n'existe pas. Dès lors, ce sera au parlement et au gouvernement de faire très attention, et de mettre le strict minimum dans la future banque de données centralisée."

 

Antonio Hodgers (Verts/GE), opposant au passeport biométrique: «Même avec le oui, on peut affirmer que c’est une petite victoire pour les opposants au passeport biométrique. Quand on a lancé le référendum, je me disais qu’on allait être balayé. Le thème n’avait pas tellement été débattu aux chambres. Or, il est apparu tout au long de la campagne que nous avons tapé juste. Les gens expriment clairement une peur. La population a des doutes sur la sécurité et l’utilisation qui sera faite de ces données. Même avec le oui, les Verts proposeront que l’on intègre dans la loi les promesses qui ont été faites pendant la campagne. Notamment de permettre le libre choix d’une carte d’identité avec ou sans puce. Il y a aujourd’hui une très forte minorité qui s’est exprimée et à qui il faudra apporter des réponses.»

 

Hugues Hiltpold, conseiller national (PRD/GE), partisan du oui: «On voit que le scrutin est très partagé. Les gens ont eu peur. L’argumentaire des opposants les a tout de même touchés. Quel que soit le résultat, il faudra en tenir compte et rassurer la population. Le Conseil fédéral devra être clair et spécifier que la banque de données ne sera utilisée que ce pour quoi les données ont été collectées: la confection les documents d’identité, le passeport biométrique. Si d’aventure, d’autres utilisations de ces données venaient à se présenter, il faut rappeler que pour l’instant la loi l’interdit. Et donc il faudrait modifier la loi, avec tous les délais nécessaires aux consultations et possibilités de référendum. La banque de données ne sera pas utilisée sans le consentement du peuple.»

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