«L’UDC voulait rétablir la concordance. Nous ne pouvions pas faire plus que de présenter nos deux candidats», a réagi le président de l’UDC Toni Brunner après l’élection du Conseil fédéral. Mais c’était un résultat prévisible, a-t-il dit.
Toni Brunner a déploré que le plus grand parti du pays ne dispose que d’un siège au gouvernement, alors que le PBD, qui ne représente qu’un peu plus de 5% de l’électorat, en ait aussi un. «C’est maintenant un gouvernement de coalition», juge le St-Gallois. Le conseiller national estime que son parti est maintenant libre d’entrer ou non dans l’opposition. «Nous analyserons la situation le 28 janvier lors d’une assemblée des délégués».
UDC divisée
La question divise à l’interne: Jean-François Rime (PDC/FR), candidat malheureux au Conseil fédéral, estime qu’il n’en est pas question, alors que Christoph Mörgeli (UDC/ZH) s’estime déjà à moitié dans l’opposition.
Si l’UDC est privée de son deuxième siège au gouvernement, elle misera dès lors sur la participation directe des citoyens au moyen des référedums et des initiatives populaires, prévoit le Zurichois. Il n’exclut pas non plus que le ministre en charge de la défense, Ueli Maurer, se retire, a-t-il dit.
Ce dernier, qui avait rejoint durant l’élection les partisans de l’UDC dans un restaurant bernois, n’a pas caché sa déception lors de la non élection des candidats UDC face à Eveline Widmer-Schlumpf, du PBD. «Ce n’est pas un bon jour pour la Suisse», a-t-il commenté.
Critiques unanimes
Le PLR n’a de son côté pas apprécié l’attaque de l’UDC contre le siège libéral-radical de Johann Schneider-Ammann. «Il est préoccupant que l’UDC en appelle à la concordance et une minute plus tard retourne sa veste», a indiqué le conseiller aux Etats Felix Gutzwiller (PLR/ZH).
De l’autre côté de l’échiquier politique, l’UDC est tout autant blâmée. Selon le président du PS Christian Levrat, le parti conservateur doit désormais revoir sa stratégie et former des personnes adéquates pour les prochaines élections. «Elle s’est sabotée elle-même avec sa stratégie kamikaze», a-t-il estimé.
Le président des Verts, Ueli Leuenberger, décerne aussi un bonnet d’âne à l’UDC pour son comportement. Il s’est dit convaincu que l’UDC ne voulait pas d’un deuxième ministre. Le parti de Christoph Blocher s’est comporté de manière brouillonne, a lancé ses candidats trop tard dans la course et a montré qu’il n’était pas mûr pour un deuxième siège, a lancé le Vert genevois la radio alémanique DRS.
Corriger le tir
Pour le président du PBD Hans Grunder, le groupe parlementaire UDC se trouve devant l’épreuve de vérité. «Dans les prochaines années, plusieurs personnes vont devoir s’en aller», a-t-il indiqué à la radio alémanique DRS, faisant allusion aux élus peu enclins à collaborer. D’ici 2015, le parti de Christoph Blocher a maintenant le temps de «faire ses devoirs».
Le président du PDC Christophe Darbellay a regretté quant à lui le rôle endossé par le candidat au Conseil fédéral Hansjörg Walter. «Après son élection brillante comme président du Conseil national, il s’est laissé entraîner dans une tragédie», a déclaré le Valaisan.