Les jeux d’argent ne connaissent pas la crise. En 2009, les loteries et paris ont généré un chiffre d’affaires de 2,83 milliards de francs. Un résultat conséquent bien qu’en baisse de 18 millions par rapport à l’année record de 2008. Le recul frappe durement les paris sportifs qui ont enregistré une diminution de 6 millions, enregistrant un chiffre d’affaires de 50 millions. Le résultat est surprenant au vu de l’augmentation croissante de demande de paris en ligne.
Selon l’Office fédéral de la statistique, l’afflux de mises illégales sur le net est en cause. En Suisse, seule la Loterie Romande (LoRo) détient l’autorisation d’organiser des paris. Elle a d’ailleurs lancé sa plate-forme en ligne «Toto-Goal» en 2009. Mais il existe de nombreux sites pirates qui exploitent ce business lucratif. «Le marché est très difficile à surveiller, constate Alain Jeanmonod, directeur de la Commission des loteries et paris. Faire respecter l’interdiction à des sites basés à l’étranger est un véritable problème.» Car ces sites présentent un avantage majeur pour les parieurs: «Si vous gagnez 1000?fr. à la Loterie Romande, vous recevez 650?fr., poursuit Alain Jeanmonod. Mais quand vous gagnez chez un opérateur étranger, il n’y pas d’impôt anticipé.»
Selon la loi, les Suisses qui jouent sur les sites étrangers ne sont pas poursuivis pénalement. Par contre, ils ne bénéficient d’aucune protection juridique en cas d’arnaque. Les sites malhonnêtes peuvent donc agir en toute impunité.
Blocage des sites illégaux
La Suisse n’est pas la seule concernée par ce phénomène. La France a réagi en attribuant des concessions à quelques organisations afin d’enrayer le marché noir. Selon Le Figaro, le marché des paris générerait en France 4,76 milliards de francs, dont un tiers seulement est réalisé par les opérateurs légaux. La nouvelle loi permettra au fisc français de récupérer 7,5% des mises.
Et en Suisse? «Nous souhaitons des bases légales qui nous permettent de prendre des mesures concrètes», explique Jean-Luc Moner-Banet, directeur général de la LoRo. Le blocage des sites illégaux serait une solution. En attendant, les pertes pour les caisses publiques sont conséquentes. Jean-Luc Moner-Banet les estime à plusieurs dizaines de millions de francs. «N’oublions pas que le secteur est en plein développement. Dans cinq à dix ans, on risque de parler de centaines de millions échappant au contrôle de l’Etat.»
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