«Il est un peu changé mais en gros il va dans la même direction», a indiqué mardi à l'ATS le porte-parole du ministre de la santé Jean-Marc Crevoisier. Il s'exprimait à l'issue d'une table ronde qui a réuni à Berne, outre le conseiller fédéral, les assureurs, les cantons et les médecins.
Il s'agit d'une solution raisonnable et il y a un large consensus à aller de l'avant, a précisé M. Crevoisier. Le concept présenté en août par les cantons et la Fédération des médecins suisses (FMH) rétablirait le droit d'ouvrir un cabinet médical sans sacrifier la liberté de choix des assurés. Mais en cas de pléthore de médecins, les cantons seraient autorisés à limiter leur nombre.
Le modèle proposé par les assureurs, dit «dual» est donc pour l'heure écartée par le conseiller fédéral. Ce projet prévoit de laisser le choix aux assurés entre l'actuelle assurance maladie de base et des modèles alternatifs proposés par leur caisse. Moins chers, ces derniers limitent toutefois la liberté de choisir son médecin.
Santésuisse, l'organe faîtier des assureurs, est prête à trouver des compromis, a déclaré son porte-parole Nello Castelli. «Mais on ne va pas se contenter d'accepter le modèle des cantons et de la FMH tel quel, car on reste opposé à une simple planification du système». Des discussions à l'interne de santésuisse auront lieu au cours de la semaine.
Le temps presse
L'ensemble des acteurs de la santé reconnaissent que le temps presse depuis que le Conseil des Etats, après quatre ans de travaux, a renoncé en décembre à proposer une solution de remplacement au moratoire sur l'ouverture de cabinets médicaux. Le National devrait trancher en mars déjà pour qu'une réglementation puisse entrer en vigueur dès 2010.
Tout le monde craint que sans solution transitoire, les coûts de la santé augmentent, a rappelé M. Crevoisier. Près de 6000 médecins étrangers travaillent dans les hôpitaux suisses. Le potentiel de personnes qui voudront s'établir à leur compte dès la levée du moratoire est donc énorme, a-t-il constaté.
Autre effet négatif attendu: en cas de concurrence accrue, les médecins verront leurs revenus baisser, a ajouté M. Crevoisier.