Ce déplacement de la cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) intervient quelques jours après l'annonce par le Conseil fédéral de l'assouplissement du secret bancaire. Mis sous pression, le gouvernement a annoncé vendredi dernier qu'il retirait sa réserve aux règles de l'OCDE sur l'assistance administrative en matière fiscale.
Le jour même, le président français Nicolas Sarkozy s'était félicité de cette concession de la Suisse. Le changement de ton outre-Jura était significatif alors que le ministre français du Budget, Eric Woerth, avait jugé à l'automne 2008 que le secret bancaire constituait une «relique du passé». Tournée dans plusieurs capitales
Ce déplacement à Paris est la première étape d'une tournée de Mme Calmy-Rey dans plusieurs capitales. Cette offensive diplomatique intervient alors que la Suisse veut à tout prix éviter de figurer sur une «liste noire» de l'OCDE recensant les pays non coopératifs en matière fiscale.
Un projet de document de l'organisation sur lequel figure la Suisse a provoqué le courroux ces derniers jours de plusieurs conseillers fédéraux, Hans-Rudolf Merz, président de la Confédération, en tête.
Lundi et mardi prochains, la cheffe du DFAE sera à Rome. Le 1er avril, c'est à Berlin que la ministre fera halte. Une étape importante. L'Allemagne s'est en effet montrée sceptique à l'annonce des mesures envisagées par la Suisse.
Ambassadeur allemand convoqué
A ce propos, Mme Calmy-Rey a répété cette semaine son indignation à la suite des propos du ministre allemand des finances Peer Steinbrück. Celui-ci a déclaré que la décision de la Suisse d'assouplir son secret bancaire équivalait à fuir devant l'arrivée de la cavalerie.
L'ambassadeur d'Allemagne a été convoqué par le DFAE. Il a été reçu mardi par le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères Michael Ambühl. Alex Berg a dit avoir «pris connaissance» de l'énervement des autorités helvétiques et comprendre l'importance du secret bancaire pour la Suisse.