Après le refus du Grand Conseil valaisan de gracier le prisonnier gréviste de la faim Bernard Rappaz, jeudi, certains élus ont reproché aux députés démocrates-chrétiens d’avoir manqué à leur devoir de chrétien (notre édition d’hier). Qu’en dit l’Eglise catholique?
Questions au chanoine Bernard Broccard, vicaire général du diocèse de Sion.
Est-ce que les députés «chrétiens» n’auraient pas dû gracier Bernard Rappaz?
Non. Le respect de la vie est un devoir pour le chrétien. Une vie que Bernard Rappaz ne respecte pas puisqu’il la met en danger.
Le médecin genevois Jean-Charles Rielle évoque la compassion et la charité chrétienne pour appeler à une libération provisoire.
Le premier acte de compassion chrétienne à poser envers Bernard Rappaz, c’est de prier pour qu’il renonce à mettre sa vie en danger et revienne à une attitude plus raisonnable.
L’Eglise catholique n’appelle donc pas à une libération de Bernard Rappaz?
Pourquoi le ferait-elle? Le seul qui puisse vraiment résoudre cette affaire, c’est Bernard Rappaz lui-même.
Laisser mourir quelqu’un, est-ce vraiment chrétien?
C’est Bernard Rappaz lui-même qui se laisse mourir. Nous laisser maintenant emporter par l’émotion du moment et le faire libérer, c’est oublier cela et ouvrir la porte à toutes sortes de dérives. Imaginez qu’un meurtrier agisse comme lui!
Devrait-on le nourrir de force?
Je ne sais pas s’il faut aller jusque-là. Mais une chose est sûre, on ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux.
Mais Jésus a accepté de sauver le «bon larron»!
C’est un excellent exemple. Le «bon larron» a reconnu que sa peine était juste, il a demandé pardon et a assumé les conséquences de ses actes.