En Suisse romande, Fribourg et le Valais arrivent toujours en tête en lecture et en sciences, mais en mathématiques, ils sont rejoints par le Jura, a constaté mercredi la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP). Pour sa part, "Genève obtient les moins bonnes moyennes en sciences et en mathématiques". Cela ne signifie toutefois pas que les écoliers du bout du lac sont des cancres, car leur moyenne en mathématiques est supérieure à celle des pays de l’OCDE.
"Seuls les cantons romands ont tous eu le courage de se présenter: ce n’est pas le cas en Suisse alémanique", a expliqué à la TV romande Anne-Catherine Lyon, directrice du Département vaudois de l’instruction publique et présidente de la CIIP. Seuls huit cantons alémaniques se sont en effet soumis à cet examen: on ne peut donc pas en déduire que les écoliers alémaniques sont meilleurs que les romands.
"Dans l’ensemble, les cantons présentant les moins bonnes moyennes générales sont également ceux qui ont à faire face à des populations plus diversifiées", a noté la CIIP. C’est le cas de Genève et Vaud qui ont la proportion d’élèves étrangers la plus élevée. Une bonne part d’entre eux ne sont pas de langue maternelle française.
Anne-Catherine Lyon a souligné que les mesures décidées par les cantons prennent du temps pour être mises en oeuvre. Néanmoins, les écarts entre les cantons se sont resserrés depuis l’étude PISA 2003 et cette évolution va dans le bon sens. La chose la plus importante, c’est que l’écart soit plus faible entre le plus mauvais élève et le meilleur, a observé la présidente de la CIIP.
Les écarts se resserrent
Pour sa part, le canton de Neuchâtel affiche des résultats stables quel que soit le domaine testé. L’enquête PISA 2006 a mis l’accent sur les sciences, un domaine où la proportion d’élèves allophones peut jouer un rôle important. Neuchâtel se rapproche ainsi nettement de cantons urbains, comme Genève et Vaud, a noté son département de l’instruction publique.
L’étude PISA 2006 montre que les écarts de moyenne entre les cantons se sont resserrés dans les trois domaines, lecture, sciences et mathématiques. Si la moyenne de la Suisse est supérieure à celle des pays de l’OCDE, celle d’un canton peut s’en écarter, parfois vers le bas. C’est le cas par exemple pour quatre cantons qui se situent au-dessous de la moyenne de l’OCDE pour le critère "expliquer des phénomènes scientifiques".
Différences entre les sexes
"On note que les performances des filles sont supérieures à celles des garçons en lecture, mais inférieures en sciences et mathématiques", a souligné la CIIP. En Suisse, la proportion de filles qui suivent des filières à caractère scientifique est relativement faible et c’est ce qui pourrait expliquer ce phénomène. Si on prend les pays voisins et ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats de l’enquête, la Suisse est le seul pays à avoir une telle différence entre les sexes.
La CIIP tire déjà des enseignements de l’étude 2006: il est important que les systèmes scolaires permettent des réorientations entre filières en cours de cursus. En effet, si les résultats des filières de type prégymnasial sont nettement meilleurs qu’en type pratique ou préprofessionnel, il y a néanmoins des recouvrements. Les performances des élèves ne sont donc pas entièrement liées aux filières suivies et il importe d’assurer une certaine perméabilité entre elles.