RELATIONS

Le différend Suisse-Allemagne inquiète de plus en plus outre-Sarine

Par NADINE HALTINER ZURICH le 24.03.2009 à 00:01

La crise entre les deux pays commence à avoir des répercussions en Suisse allemande.

Le Röstigraben est-il en train de se transformer en Rheingraben? A voir les politiciens suisses et allemands s’étriper au sujet du secret bancaire, la question est d’actualité. La semaine dernière, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, comparait les Suisses à «des Indiens qui fuient devant la cavalerie». Peu après, Thomas Müller, conseiller national (PDC/SG), répondait: «Il me rappelle cette génération d’Allemands qui se promenait dans les rues il y a soixante ans avec des manteaux en cuir, des bottes et des brassards.» Et voilà qu’Ueli Maurer échange sa Mercedes contre une voiture française! Outre-Sarine, où vivent plus de 220?000 Allemands, on craint que la crise ne déteigne sur les relations quotidiennes.

De peur de perdre des clients, des restaurateurs allemands ont ainsi lancé une opération publicitaire, samedi, dans les médias bâlois. But: se distancier des propos de Streinbrück. Hier, le canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures a, lui, annulé une soirée d’information sur son système fiscal, prévue jeudi à Cologne. Il ne voulait pas «mettre de l’huile sur le feu».

De son côté, la Commission fédérale contre le racisme planche sur un communiqué visant à rappeler que les Allemands de la génération actuelle ne doivent pas être mis en relation avec l’époque nazie. Pour Georg Kreis, son président, les propos politiques peuvent en effet avoir une influence sur les citoyens. «Un sentiment anti-allemand déjà existant pourrait être exacerbé», note l’historien.

Mais des témoignages, publiés dans la presse alémanique, montrent que cette crainte n’est, pour l’heure, pas fondée. «Cette polémique est certes désagréable pour nous, note, dans la Zürichsee-Zeitung, un Allemand vivant à Stäfa (ZH). Mais, pour l’instant, je n’ai pas subi de réactions négatives.»

«Je travaille souvent en Suisse, ajoute Dietrich von Gumppenberg, directeur d’une entreprise de communication basée à Munich. Et je sais que les citoyens de ce pays savent faire la différence entre la politique et la vie quotidienne.»

Angela Merkel rassurante
Chez Lidl, qui vient d’ouvrir des succursales en Suisse, on ne constate pas de baisse de la clientèle. Mercedes, en revanche, attend de voir les chiffres pour s’exprimer. «On ne sait pas s’il y aura une influence sur nos ventes, dit un responsable. Mais les clients suisses sont très fâchés… contre Ueli Maurer! De nombreuses pièces de voitures sont en effet fabriquées en Suisse. A l’heure où le chômage grimpe, ils ne comprennent pas qu’un conseiller fédéral puisse boycotter une entreprise qui fait vivre sa population.»

Difficile de savoir si cette crise diplomatique aura des effets concrets. Mais, tous souhaitent qu’elle se résolve vite. Hier en tout cas, la chancelière allemande Angela Merkel a dit s’attendre à une solution qui ménage «les relations de bon voisinage.»

 



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FEDERICO CAMPONOVO
RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT

 

Laissons le pitbull à ses aboiements

Depuis quelques mois, la Suisse s’est trouvé un nouveau chef d’orchestre, qui dicte le tempo, tape sur le pupitre, donne de la voix, distribue bons et mauvais points et assène les sentences.

le maestro, en l’espèce, s’appelle Peer Steinbrück. Sa célébrité, pour l’instant, n’est pas telle que l’on puisse se passer de préciser qu’il s’agit du ministre des Finances allemand. Un politicien quelconque, comme on en trouve dans n’importe quel gouvernement d’Europe et d’ailleurs, qui a accumulé vestes, revers et succès modestes, qui ne sera jamais chancelier, mais qui a trouvé, dans la mollesse et la passivité confédérales, le terrain rêvé pour assouvir ses frustrations.

Pas un jour sans que quelqu’un se demande, en Suisse, que faire, que dire, que lâcher, pour que Peer Steinbrück mette fin à ses attaques contre le secret bancaire et contre un Conseil fédéral qui dirige un pays composé «d’Indiens qui fuient devant la cavalerie».

Oui, décidément, que faire pour contenir Steinbrück, petit pitbull éphémère d’un grand pays voisin?

La réponse est: rien, strictement rien qui prenne en considération ses vociférations. Mais gouverner, en revanche, pour le bien du pays et pour lui seul. Ne rien lâcher qui puisse nuire à nos intérêts, à ceux de nos banques et de nos entreprises. Expliquer à la population, avec courage et détermination, quel est le chemin que la Suisse doit suivre, comment elle va préparer son avenir, quels seront les enjeux futurs.

Et ne jamais répondre aux provocations grotesques par l’outrance ou, comme Ueli Maurer renonçant à sa Mercedes, la stupidité.

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