Des attentats se produisent depuis des années. Ils n’ont fait que s’aggraver.
"La question est toujours de savoir à partir de quand une menace doit être prise au sérieux. La tentation de minimiser ou de ’comprendre’ est grande", a déclaré Daniel Vasella dans un entretien publié dans le "SonntagsBlick". Dans le cas de l’organisation britannique "Stop Huntingdon Animal Cruelty" (SHAC), les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont réagi de manière plus ferme que l’Allemagne ou la Suisse. Les collaborateurs de Novartis subissent depuis des années des attaques et celles-ci se sont aggravées depuis novembre dernier, après que le géant pharmaceutique a été classé cible prioritaire par le SHAC.
Daniel Vasella ignore l’identité des auteurs: "comme toutes les organisations terroristes, le SHAC est organisé en cellules qui se connaissent relativement peu". Mais il y a un "instrument idéologique" sur Internet, des instigateurs, des financiers ou des "célébrités". Pour le patron de Novartis, l’objectif est de répandre la peur et de mettre des gens sous pression, par tous les moyens possibles, y compris illégaux.
Directeur du Service d’analyse et de prévention (SAP), Jürg Bühler a expliqué à la "NZZ am Sonntag" que les militants pour la protection des animaux relèvent, au sens de la loi, de l’extrémisme violent. La terreur doit être dirigée contre l’Etat ou la société, ce qui n’est pas le cas ici. Selon Jürg Bühler, il faut s’attendre à d’autres attaques.
Expérimentation animale nécessaire
Pour Daniel Vasella, la profanation de tombes de sa famille à Coire (GR) traduit un manque de respect impardonnable. Il s’agit des sépultures de sa mère et de sa soeur aînée, morte du cancer à l’âge de 19 ans. "Troubler le repos des morts est tout simplement ignoble", selon Daniel Vasella. L’incendie de sa maison de chasse de le Tyrol est par contre quelque chose de matériel, même s’il a été touché par la destruction de livres d’enfant qu’il conservait là-bas.
Le patron de Novartis a répété que son entreprise ne travaillait plus depuis des années avec le laboratoire britannique Huntingdon Life Sciences (HLS). Il souligne toutefois que les expériences sur les animaux pour la sécurité des médicaments sont prévues par la loi et que la recherche ne peut pas s’en passer, même si personne ne les pratique de gaieté de coeur. L’expérimentation animale doit répondre aux standards les plus élevés et les souffrances inutiles doivent être évitées. AP