Tel un balancier, le Conseil national est revenu, hier, sur les décisions qu’il avait prises en décembre pour durcir le projet de loi du Conseil fédéral sur l’assurance-maladie. Les députés s’alignent ainsi sur les positions adoptées la semaine dernière par le Conseil des Etats. Cela a l’avantage de rendre «présentable» une loi qui sera de toute façon l’objet d’un référendum, déjà promis par les syndicats et le PS.
Lors de la précédente session, l’UDC, les radicaux et quelques démocrates-chrétiens étaient parvenus à imposer une série d’économies qui touchaient essentiellement les jeunes et les chômeurs de longue durée.
Hier, les démocrates-chrétiens ont rejoint la gauche en bloc. Président du PDC et vice-président de la commission en charge du dossier, Christophe Darbellay a résumé l’enjeu principal: «Nous voulons assainir cette assurance qui souffrira début 2011 d’une dette de 6 milliards de francs.»
Devoir d’équilibre
Encore faut-il obtenir une majorité devant le peuple. D’où cette exhortation du démocrate-chrétien valaisan: «Nous devons équilibrer ce projet, savoir raison garder et éviter de faire porter à une catégorie de la population tout le poids de l’assainissement de l’assurance-chômage.» Démocrate-chrétienne elle aussi, la conseillère fédérale Doris Leuthard n’a pas parlé autrement.
Le Conseil national a suivi. Il a jeté aux orties la réduction progressive des indemnités versées aux chômeurs de longue durée. Et renoncé aussi à imposer aux étudiants un délai d’attente de 260?jours avant le versement des indemnités. Mais celles des moins de 25?ans seront tout de même plafonnées à 200?jours. Cette version sera soumise au Conseil des Etats avant une votation finale le 19 mars.