Une délégation de la direction du Parti libéral-radical (PLR) a fait une pause dans son marathon électoral au briefing matinal de 24?heures, à Lausanne. Le président du parti suisse, le Tessinois Fulvio Pelli, était accompagné de sa vice-présidente, la Vaudoise Isabelle Moret, et de la présidente du Parti libéral vaudois, Catherine Labouchère.
Fidèle à lui-même, Fulvio Pelli veut croire que les principes libéraux et d’ouverture du PLR finiront par convaincre les électeurs. «Nous ne sommes pas un parti du passé. Les critères qui ont permis au PLR de créer une Suisse du succès sont toujours les mêmes. Nous sommes là pour travailler et construire des solutions. Mais il est vrai que nous ne sommes pas très bons pour cultiver les peurs des gens», explique un Fulvio Pelli déterminé à faire progresser un parti en perte de vitesse dans les sondages.
Le troisième parti de Suisse, derrière l’UDC et le PS, veut le rester, «par amour de la Suisse», comme le proclame son slogan. En 2007, le parti (radical et libéral) représentait 17,2% des voix exprimées. Avant l’accident nucléaire de Fukushima, au Japon, Fulvio Pelli fixait l’objectif du PLR à 20%. Rendez-vous le 23 octobre.
Avec Fukushima, le climat de campagne a changé. Et le PLR semble être le grand perdant.
Le PLR et le PDC sont les deux partis qui subissent le plus cette déstabilisation de leur électorat. Nous devons continuellement rebâtir le rapport de confiance avec nos électeurs. Des sensibilités écologiques du PLR ont des envies de bouger suite à cet événement.
Notre position est claire: il ne sera plus possible de dégager une majorité pour bâtir de nouvelles centrales nucléaires. Prenons en acte et étudions comment combler ce manque.
Mais le PLR a un déficit de crédibilité. Car vous êtes associé au lobby nucléaire.
Préjugés! Le système de production d’énergie de ce pays est dominé par les cantons et par les villes. Le plus souvent aux mains de la gauche. Zurich investit dans les centrales nucléaires; Lausanne dans les centrales à gaz.
Et dès qu’un problème arrive, tout est oublié et les critiques se concentrent sur nous. Certains disent: on sort du nucléaire! Ils en parlent, mais est-ce qu’ils agissent? Le PLR se pose la question suivante: en 2025, comment produira-t-on l’électricité nécessaire?
Vous vous présentez comme le parti de ceux qui font la Suisse. Et les élus PLR sont généralement bien élus dans les communes, les cantons, mais le parti n’en profite pas. Où est le problème?
C’est le grand paradoxe du comportement des électeurs. Ils ont confiance en nos élus, qu’ils voient travailler et obtenir des résultats. Aussi ils leur renouvellent leur confiance. Mais cela ne rejaillit pas forcément sur le parti.
A Bâle-Campagne, par exemple, nous avons réalisé moins de 15% des voix, mais deux conseillers d’Etat sur cinq sont PLR. Le succès de l’UDC et des Verts s’explique par le fait qu’ils sont monothématiques et se contentent de taper dans le dos des personnes en leur disant: «Nous entendons vos préoccupations.» Dès qu’il s’agit de proposer des solutions, ils ne sont plus là.
Mais le centre-droite poursuit son effritement. Pascal Couchepin l’a dit dans nos colonnes: tôt ou tard, il faudra penser à regrouper toutes
ces forces.
Je vois la politique comme la création des conditions de développement du pays. Il est indispensable que la Suisse compte 20% de forces libérales pour garantir la santé de notre système politique. C’est la raison pour laquelle je me fiche de créer un groupe hétérogène de personnes entre la gauche et la droite. C’est peut-être une manœuvre utile pour influencer l’élection d’une personne au Conseil fédéral, mais ce n’est pas une vision de société.
Le gène libéral, PDC, PBD et Vert’libéraux l’ont-ils aussi?
On verra pour les deux nouveaux partis. Mais je connais le PDC depuis que je fais de la politique… Avec Christophe?Darbellay, nous avions lancé une hypothèse de travail au parlement. Cela n’a fonctionné qu’un peu. Parce que M.?Darbellay était d’accord, mais pas M.?Schwaller.
C’est quoi le PDC? Il est très difficile de travailler avec un parti qui ne pense et ne vote pas de la même manière au Conseil national qu’aux Etats. On gagne la confiance des électeurs avec ses idées, non avec des alliances au parlement. Après les élections, nous nous compterons
et nous essaierons de garantir que cette société reste ouverte.
La question de Schengen et de la libre circulation des personnes revient dans la campagne. La position nuancée du PLR est difficile?
La libre circulation des personnes a été pour la Suisse la recette du succès. Nous allons continuer à nous battre pour cette politique, qui nous a apporté d’énormes avantages. Il ne faut pas faire de confusion. La libre circulation des personnes est un système de réglage du marché du travail. Schengen est un système de sécurité. Il est bon, il a fait ses preuves. La police le dit aussi.
Mais il y a un problème de gestion des frontières dans certains pays. Il faut mettre par exemple plus de policiers en Grèce et en Italie. Nous devons imposer aux pays de l’Espace Schengen de faire leur devoir. Il n’y a aucune raison d’accepter l’arrivée de dizaines de milliers de Tunisiens qui fuient un pays qui devient démocratique.
La question vache à Fulvio Pelli
La question vache à Isabelle Moret
Le PLR peut bien être élu au niveau communal puisque le système électoral dans certaines communes écarte les candidats libres. En mathématique, - * - fait plus, mais en politque ce n'est pas le cas. Deux partis sont en perte de vitesse parce qu'ils ne correspondent plus à ce que la majorité des gens pensent. A droite, à gauche et au centre, aucun parti ne semble répondre aux besoins d'une majeure partie de la population....
Voter libéral-radical après la crise financière, c’est comme voter communiste après la chute du Mur de Berlin. Le communisme était plein de bonnes idées (voire de bonnes intentions) et a fait avancer la cause sociale – via le socialisme – mais, au final, a été une catastrophe. Le libéralisme, c’est pareil: plein de bonnes idées, a largement contribué à augmenter notre niveau de vie mais, au final, c’est une catastrophe.
Et pour être parfaitement clair, de la même manière qu’il est illusoire de vouloir réformer le communisme – qui est intrinsèquement néfaste – il est chimérique de vouloir réformer le libéralisme; ou alors à un tel point qu’il ne sera plus du libéralisme, mais quelque chose d’autre, un nouveau modèle que l’on pourra exploiter un temps avant d’en changer, à nouveau.
"Libéralisme" n'est pas "capitalisme".
"Libre marché" n'est pas égal à "capitalisme".