PLAINTE PÉNALE

Calmy-Rey accuse Maurer d’indiscrétion

Par XAVIER ALONSO BERNE le 31.03.2009 à 00:03

Une enquête est ouverte après la publication d’une lettre confidentielle de Micheline Calmy-Rey adressée à l’OCDE. Ueli Maurer est soupçonné.

A la demande du Conseil fédéral, la Chancellerie a déposé, en date du 26 mars, une plainte pénale pour «publication de documents internes». Une enquête va ainsi être menée pour trouver la «taupe» qui a permis la publication le 22 mars dernier dans le SonntagsBlick d’une lettre confidentielle que Micheline Calmy-Rey voulait envoyer à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Précédant le différend de la Suisse avec l’OCDE, qui a établi un projet de «liste noire des paradis fiscaux» en vue de la réunion du prochain G20 (jeudi à Londres), cette missive de la ministre des Affaires étrangères était adressée au secrétaire général de l’organisation, le Mexicain Angel Gurria. La Genevoise y louait la qualité du travail des équipes de ce dernier.

Cette «lettre d’amour», comme se plaisent à la qualifier les adversaires de Micheline Calmy-Rey n’a finalement pas été envoyée. Il n’empêche qu’elle a été rendue publique et que, ce week-end encore, le président de l’UDC, Toni Brunner, l’a citée dans son intervention lors de l’assemblée des délégués de son parti à La Brévine. Allant jusqu’à qualifier de «comportement traître» l’attitude de Micheline Calmy-Rey, à qui Toni Brunner propose d’«aller offrir ses services à une ONG quelconque».

Au-delà de l’habituel jeu de discrédit des conseillers fédéraux par les présidents de parti, le gouvernement vient de donner une tout autre tournure à l’affaire. Il a en effet déposé une plainte pénale contre X, recherchant ainsi la personne qui a permis la diffusion de la lettre de Micheline Calmy-Rey. Car ce n’est pas une simple fuite dans laquelle on rapporte des informations ou une conversation, mais bien une copie d’une lettre confidentielle qui a été reproduite à l’extérieur de l’administration fédérale, justifie un proche du gouvernement.

Maurer fâche le président
Au département de Micheline Calmy-Rey, on ne commente pas cette affaire. Par contre, dimanche dernier, le journal Sonntag révélait l’éclat qui a agité la dernière séance de nos sept Sages. Ueli Maurer a été pris à partie par Micheline Calmy-Rey – elle le soupçonne d’être à l’origine de cette malveillance – et par Hans-Rudolf Merz. Le président de la Confédération était également remonté par les propos du ministre UDC dans une interview publiée dans le SonntagsBlick du 15 mars, dans laquelle le Zurichois égratignait le principe de collégialité.

Au Département de la défense, on ne commente pas la fuite, mais on confirme que le grand journal dominical sera boycotté jusqu’à fin 2009 par Ueli Maurer pour avoir publié une interview non autorisée.

Sondage

Tarifs CFF: la nouvelle hausse annoncée est-elle acceptable?