L'avocat genevois Charles Poncet défend la Libye contre la Suisse dans l'affaire Kadhafi. L'ex-conseiller national libéral a assisté les autorités de Tripoli pendant les séances d'un comité ad hoc indépendant qui a siégé cet été à Genève pour tenter de trouver une issue à la crise.
«Je suis effectivement le conseil du gouvernement libyen dans cette affaire», déclare Me Poncet dans un entretien publié mercredi par le quotidien Le Temps. L'ancien parlementaire ne voit pas pourquoi il aurait des scrupules à défendre la Libye contre son propre pays. «J'exerce mon métier d'avocat en toute indépendance», affirme-t-il.
«Cette affaire pose une question fascinante au plan du droit international: quel est le droit d'un Etat d'agir pour ses propres ressortissants quand les agissements d'un autre Etat sont en violation avec le droit international», s'interroge Me Poncet.
Et de préciser que «les autorités libyennes estiment que la Suisse n'a pas respecté ses propres règles de droit envers le citoyen libyen» Hannibal Kadhafi. En effet, lors de leur arrestation, le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et son épouse «n'ont pas eu accès tout de suite aux autorités consulaires, ce qui est contraire à la Convention de Vienne».
Hannibal Kadhafi et sa femme Aline ont été arrêtés le 15 juillet à Genève suite à une plainte de leurs domestiques pour maltraitance. Depuis, la Suisse et la Libye sont engagées dans des négociations pour régler ce différend.
Tripoli a engagé une politique de représailles envers la Suisse. Dernière mesure en date: Swiss a supprimé dimanche sa dernière liaison hebdomadaire vers la capitale libyenne à la demande des autorités de Tripoli.