Le peuple tranchera, peut-être déjà à la fin de l’année. Hier, sans traîner, le Parti socialiste et les syndicats ont lancé un référendum contre la 4e?révision de l’assurance-chômage, adoptée en matinée par les Chambres fédérales. Sans surprise, l’UDC a répété qu’elle jugeait insuffisante cette réforme, tandis que le Parti radical, du même avis, a soutenu «à contrecœur» la nouvelle loi.
Résultat du vote final au Conseil des Etats: 32 oui, 12 non; au Conseil national: 91 oui, 64?non, 37 abstentions (surtout de l’UDC).
Sans tarder davantage, l’Union patronale suisse a annoncé qu’elle s’engagera avec détermination en faveur de la nouvelle loi. Son directeur, Thomas Daum, explique pourquoi.
– Vous dites que cette loi est «urgente et acceptable». La dette ne sera pourtant résorbée que dans dix-sept?ans. N’est-ce pas bien lointain?
– Ce qui est primordial, c’est l’élimination du déficit structurel de l’assurance-chômage: en l’état actuel, sa dette augmente de plus de 900 millions par an. Le compromis trouvé aux Chambres offre une solution équilibrée, avec une hausse des cotisations qui apporte 640 millions de francs, et des corrections de prestations qui atteignent 622 millions. D’un point de vue politique, je ne pense pas qu’il était possible d’élever l’un ou l’autre de ces montants pour éponger plus rapidement la dette.
– Cette loi est-elle vraiment équitable, l’essentiel des réductions de prestations étant à la charge des jeunes?
– Les corrections possibles ont été analysées en fonction des catégories de personnes touchées. Il est apparu que les jeunes sont ceux à qui on peut le plus légitimement demander un effort. Car ce sont eux qui ont le plus de chances de s’insérer dans le marché du travail. Ce sont eux aussi qui ont le plus à perdre en restant longtemps au chômage. Il fallait donc régler certaines dispositions qui incitent à profiter de l’assurance-chômage. Mais l’effort demandé aux moins de 25?ans a été pondéré: il ne concerne pas ceux qui ont des charges de famille.
– Cette révision est-elle durable?
– Il faut rester prudent car les conditions-cadres des assurances sociales évoluent vite. Mais je pense qu’une nouvelle révision ne sera pas nécessaire avant longtemps. Avec ces corrections, nous pourrons préserver un système qui, à ma connaissance, est le plus généreux d’Europe, si on tient compte du montant et de la durée des prestations versées.