GENÈVE

Elle n’affiche pas ses prix et finit au poste

Par Xavier Lafargue le 29.07.2010 à 00:01

Après une visite des inspecteurs chargés de surveiller les prix, la directrice d’une boutique de mode a été amenée au poste pendant près d’une heure.

Mardi après-midi, Laila Bernichi, directrice de la Boutique des Bergues, au centre-ville de Genève, a passé près d’une heure en cellule au poste des Pâquis. La raison? N’avoir pas affiché des prix dans la vitrine de son magasin de prêt-à-porter. Une omission qui constitue un délit partout en Suisse, en vertu d’une ordonnance fédérale.

Durant la visite de l’inspectorat des prix, Laila Bernichi a même eu droit à une descente de police! Au moins six agents en uniforme se sont déplacés. «Quand les inspecteurs du Service du commerce sont arrivés, j’étais au sous-sol avec deux clientes saoudiennes, raconte Laila Bernichi. L’une désirait une robe de soirée à 2500?francs. Elle était en plein essayage, à moitié nue.» Le neveu de la commerçante, un étudiant de 19?ans habitant à Lyon, se trouvait au rez-de-chaussée de la boutique. «Il m’a dit de monter. L’inspecteur des prix m’a alors demandé mon identité. Je lui ai dit que j’étais occupée avec des clientes, lui ai demandé de se pousser, car il pouvait les apercevoir, et de revenir plus tard. C’est vrai, je n’avais pas eu le temps de mettre des prix sur les nouvelles robes des mannequins en vitrine, installées la veille.»

Devant le refus de la commerçante, l’inspecteur appelle la police. Au moins deux patrouilles se sont déplacées, confirme Patrick Pulh, son porte-parole. Qui poursuit: «Cette dame a mis dehors les inspecteurs du commerce, son neveu travaille au noir et elle a même tenté de le cacher au fond de la boutique. Sans compter que tous deux n’ont pas voulu décliner leur identité. Ils ont été conduits au poste puis relâchés quand les identités de chacun ont été déterminées.» La version de Laila Bernichi diffère: «Je suis directrice de la boutique depuis dix ans. Il était facile de vérifier mon identité, que j’ai d’ailleurs donnée aux policiers à leur arrivée. Quant à cacher mon neveu, c’est absurde.» La commerçante et son neveu sont restés en cellule «trois quarts d’heure», selon Laila Bernichi.

Le Service du commerce indique que si la commerçante avait donné son identité, la police n’aurait pas été appelée. Mais il rappelle aussi que Laila Bernichi et son neveu étaient en infraction et que le jeune homme travaillait au noir. Une accusation que récuse la commerçante. Cette dernière ne va toutefois pas déposer plainte. Elle s’attend à recevoir une amende pour le non-affichage des prix.

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