La crise? Quelle crise? La Confédération peut se targuer de résultats 2009 exceptionnels. Son budget prévoyait un excédent de recettes de 900 millions de francs, ce qui était déjà une gageure alors que toute l’Europe plonge dans les déficits publics. A l’arrivée, c’est un bénéfice de 2,7 milliards de francs, trois fois mieux que prévu.
Le grand argentier Hans-Rudolf Merz n’a pas boudé son plaisir, hier devant la presse. «C’est un jour très réjouissant», confessait-il modestement, avant de qualifier ce résultat «d’autant plus remarquable que le parlement a accordé plus d’un milliard supplémentaire pour stabiliser la situation économique». Miracle donc, ou erreur d’estimation? Pour Hans-Rudolf Merz, tout cela est à mettre au compte d’une attitude responsable de la Confédération, résumée en deux concepts: discipline et frein à l’endettement. En outre, grâce aux recettes tirées de la vente des parts dans UBS, la Confédération a réduit sa dette, qui se monte désormais à 111 milliards.
Des nuages à l’horizon
Pour le ministre des Finances, le pire est pourtant à venir. L’impôt fédéral direct réagit avec retard à la récession. Le budget 2010, voté en décembre dernier par le parlement, prévoit déjà un déficit de 2 milliards de francs.
Hans-Rudolf Merz défend donc bec et ongles son nouveau programme d’économies en préparation, qui table sur une diminution des dépenses fédérales de 1,5 milliard par an. Mais, à la lumière de la jolie pépite dorée présentée hier, ce plan d’austérité sera difficile à défendre lorsqu’il s’agira de concrétiser les coupes réclamées par la droite. EconomieSuisse montre en effet du doigt l’assurance-chômage et réclame un frein à l’endettement dans les assurances sociales.
En face, le Parti socialiste avertit: pas question de peindre l’avenir en noir pour justifier le démantèlement de l’Etat. En année préélectorale, il pourrait bien rallier beaucoup de monde derrière cet argument.
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