FOOTBALL

La Suisse réagit après une période indigente. Trop tard

Par DANIEL VISENTINI BÂLE le 07.09.2010 à 23:34

L’Angleterre passe en force face à une Suisse qui attend d’avoir la tête sous l’eau avant de se révolter.

Si la Suisse a des certitudes aujourd’hui, alors elles sont troubles. Elles charrient le parfum lourd des doutes qui présidaient à ce choc contre l’Angleterre. Après une première période indigente, le réveil n’aura pas permis de réellement bousculer des Anglais plus forts. Le premier match des qualifications pour l’Euro 2012 est donc perdu. Il l’a été contre le grand favori du groupe, c’est la seule consolation pour une équipe de Suisse qui doit se concentrer sur les prochaines échéances, le mois prochain.

C’est d’abord une première mi-temps affreuse que la Suisse de Hitzfeld proposait. Le degré zéro du jeu élevé au rang d’une «performance» collective. Hitzfeld avait choisi de titulariser David Degen et Xavier Margairaz, sur les côtés, au milieu. Le premier s’est égaré sur la gauche, c’est d’ailleurs de là qu’a surgi le premier but anglais. Un long débordement de Glen Johnson pour un centre qui devait trouver l’inévitable Wayne Rooney. Dès la 10e?minute, la Suisse était menée au score. Et Hitzfeld d’intervenir pour demander à Degen de passer à gauche. Margairaz, lui, s’est évertué à faire bonne figure dans un secteur de jeu qui n’est pas forcément le sien.

L’Angleterre en profitera plus d’une fois. Avec plusieurs occasions de doubler la mise, ou pire, avant la pause. Après tout, si la Suisse avait laissé Rooney s’avancer seul, il n’y avait pas de raison de ne pas sauter sur les opportunités. Cette première période devait s’achever dans la douleur. Froide comme un pensum, elle n’avait éclairé les espoirs helvétiques que par la grâce d’une ou deux mésententes anglaise. Insuffisant!

Sinistrose
La Suisse de Hitzfeld n’a sans doute pas pour vocation d’imposer ses fulgurances avec le brio d’un grand d’Europe. Mais de là à s’enfoncer dans la sinistrose, il y a un pas. Il fallait une réaction. Autre chose. Au moins le sentiment d’une envie, la possibilité d’un rêve. Elle attendra la seconde période pour se réveiller un peu. Margairaz avait cédé sa place à Shaqiri. Mais il était dit qu’après la gabegie de la première mi-temps, rien ne serait simple. Et rien ne le fut.

Lichtsteiner, averti stupidement une première fois pour avoir manifesté sa désapprobation envers l’arbitre, voyait rouge pour un deuxième carton jaune, une faute cette fois. Et Adam Johnson doublait la mise dans la foulée. Curieusement, c’est à dix et menée 2-0 que la Suisse allait connaître, enfin, une embellie. On appelle cela le chant du cygne. Shaqiri, rageur, ajustera même la lucarne de Hart, pour réveiller un Parc Saint-Jacques qui n’y croyait plus. Une ou deux occasions existaient encore. Avant un dernier but de Bent.

En fait, la Suisse aura donc attendu d’avoir la tête sous l’eau pour tenter de nager. C’était déjà trop tard. Hitzfeld croyait pouvoir tenir le choc avec un réalisme froid. Cela n’a pas suffi. Le doigt est pointé sur les limites de cette équipe. Mais sur ses capacités aussi à réagir, puisqu’elle l’a fait après la pause. Tout reste question d’équilibre. Et hier, pour avoir trop tardé, la Suisse a perdu le sien. Hitzfeld a du travail…

Suisse - Angleterre 1-3 (0-1)
Parc St-Jacques
. 37?500 spect.
Arbitre: Rizzoli (It).
Buts
: 10e Rooney 0-1. 69e A. Johnson 0-2. 71e Shaqiri 1-2. 88e Bent 1-3.
Suisse
: Benaglio; Lichtsteiner, Von Bergen, Grichting, Ziegler; Margairaz (46e Shaqiri), Inler, Schwegler (83e Costanzo), David Degen (64e Streller); Frei; Derdiyok.
Angleterre: Hart; G. Johnson, Jagielka, Lescott, A. Cole; Walcott (13e A. Johnson), Gerrard, Barry, Milner; Rooney (79e Wright- Phillips), Defoe (70e Bent).
Expulsion
: 65e Lichtsteiner.
Avertissements
: 60e Milner, 76e A. Cole, 81e Grichting.

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