«La promotion, tout le monde la souhaite ardemment dans ce club. Ce serait vraiment le moment qu’ils se décident à monter.» Elle a beau les aimer, ces joueurs, elle a beau être accro à l’ambiance de Malley, après cinq saisons de purgatoire Monique Bichet commence à trouver la «peine» un peu longue. Il tarde à la responsable de la section La Côte du Fans Club, supportrice du LHC depuis 42?ans, de voir ce club s’installer enfin durablement en LNA. Comme ont si bien su le faire les «biancoblu» d’Ambri-Piotta, par exemple, l’autre club cher au cœur de la Tessinoise d’origine.
Demain, Monique Bichet montera dans le car organisé par le Fans Club (environ 320 membres au total). Avec l’espoir de vérifier à Langenthal la bonne impression laissée par les Lions en matches de préparation. «Les transferts semblent être de vrais renforts, les jeunes issus des juniors Elites et, surtout, ça mouille le maillot.» En y ajoutant un entraîneur d’expérience, l’indéfectible supportrice estime qu’«il y a tout pour bien faire cette saison». «Mais on en a suffisamment vu, dans ce club, pour ne pas s’enflammer trop vite», tempère-t-elle
Entre potes
Du côté de la Section Riviera, on n’en a pas vu autant. Et pour cause: les plus anciens de ses quelque 25 membres naissaient à peine lorsque la fameuse GDF (la ligne Gratton-Dubi-Friederich) enflammait Montchoisi au tournant des années 70-80. Mais les espoirs sont trop régulièrement déçus, depuis la création de la Section, en 2007, pour laisser dépendre son plaisir des seuls résultats sportifs. Cultiver l’amitié entre potes, contribuer à la folle ambiance du virage ouest, remplir un (ce sera le cas demain), voire même deux cars pour les déplacements les plus importants de la saison: Tiago, Steven et toute leur bande y trouvent de «magnifiques récompenses». «Maintenant, c’est clair qu’on préférerait aller soutenir notre équipe à Fribourg ou à Genève plutôt qu’à Langenthal ou en Thurgovie, admettent le Montreusien et le Veveysan. Qu’un club avec un tel potentiel soit toujours en LNB, c’est assez agaçant. Mais bon, au-delà de ça, nous continuerons à le supporter. Nous ne sommes pas aussi exigeants que les ultras; notre vie ne se résume pas au LHC.»
Faudrait-il en déduire que la lassitude serait plus perceptible du côté des plus ardents supporters? «Disons que nous sommes passablement désabusés, avoue Sylvain Gilliéron. On en a marre de cette incapacité à accéder à l’élite. Le LHC a un potentiel énorme et on n’en fait rien depuis longtemps.» Et ne lui dites pas qu’il est impatient. «Aucun autre public, en Suisse, n’est aussi patient que celui du LHC, rétorque le président de la Section Ouest (250 membres environ). Ailleurs, les supporters auraient déjà laissé tomber depuis longtemps. La chance du LHC, c’est d’avoir un public très jeune, qui n’a pas connu les années fastes et qui apprécie l’ambiance de Malley. Quant aux plus anciens, comme l’avait écrit un jour un journaliste, ils sont attachés à ce club un peu comme par dépit amoureux. Que le LHC?échoue souvent sur le fil, qu’il ait un passé tortueux et qu’il ait même failli disparaître, tout cela semble renforcer leur fidélité.»
Reste que ce public de LNA milite toujours en LNB. «Et on s’y em… ferme!, lance Sylvain Gilliéron. Au niveau de l’organisation du club, ça évolue dans le bon sens depuis trois ou quatre ans, mais nous ne serons satisfaits qu’une fois en LNA. Cette saison, les médias et autres spécialistes nous y voient déjà, mais on connaît trop la chanson. Attendons pour voir…»