TENNIS

En pleine confiance, Roger Federer est en pole position à l’US Open

Par OLIVIER BREISACHER NEW YORK le 06.09.2010 à 00:04

Serein, le Bâlois entame cette nuit (vers 3 h du matin), face à Jürgen Melzer, une seconde semaine de tous les espoirs.

Est-il inéluctablement soufflé vers l’avant par un vent aussi tourbillonnant que celui qui s’est abattu sur Flushing Meadows lors de son duel face à Paul-Henri Mathieu? Se voit-il symboliquement propulsé vers les sommets new-yorkais et ses gratte-ciels, dont l’effigie est ostensiblement incrustée sur ses chaussures?

Le devoir largement accompli, Roger Federer entame dans la nuit de lundi à mardi (vers 3 h suisses), face à l’Autrichien Jürgen Melzer, sa deuxième semaine avec un capital confiance inversement proportionnel à l’influx et l’énergie qu’il a laissés lors de ses trois premières apparitions. Plusieurs indices parlent en sa faveur. Décryptage…

LE PLEIN D’ÉNERGIE
Dans un style que ne renierait pas le «Monstre» qui étouffait outrageusement toute concurrence entre 2004 et 2007, Roger Federer s’est montré sans pitié pour ses trois rivaux, tous renvoyés à leurs études pour une poignée de points. Brian Dabul a résisté 93?minutes (sauvant 7 jeux), Andreas Beck 101 (10 jeux). Samedi, Paul-Henri Mathieu est resté dans la moyenne: 99?minutes et 10 jeux (6-4 6-3 6-3), incapable de composer aussi bien avec le vent qu’avec un rival inaccessible.

Evoluant lundi, jeudi et samedi, le Bâlois a bénéficié d’un calendrier idéal. «Je n’ai aucune raison de me plaindre, souligne-t-il Je me sens vraiment très frais. Je pense avoir bien joué, sans avoir dû sortir mon meilleur tennis.» Confirmant sa faculté à s’adapter à toutes les circonstances, Federer a par ailleurs évolué dans trois décors différents: en night session, sous la canicule et face à Eole. Le voilà paré à toute éventualité.

«C’est important de ne pas se sentir usé physiquement et mentalement, rappelle-t-il, faisant explicitement référence au dernier Wimbledon, où ses deux premiers tours (disputés contre Alejandro Falla et Ilija Bozoljac) avaient laissé des traces. «J’avais ensuite payé ces efforts», avoue-t-il.

PERSPECTIVES
Dabul, Beck et Mathieu n’avaient pas les armes pour gêner Federer, plutôt vernis par le tirage. Dans le même temps, Rafael Nadal suait face à Denis Istomin et croisait le fer avec Gilles Simon. Novak Djokovic frisait l’élimination contre son compatriote Viktor Troicki, alors qu’Andy Murray avait toutes les raisons de redouter Stanislas Wawrinka.

En héritant de Jürgen Melzer, demi-finaliste à Roland-Garros, le No 2 mondial aura droit à un test grandeur nature. Les deux anciens partenaires de double à l’Orange Bowl (M16) s’étaient affrontés pour la première fois sur le circuit pro à Wimbledon. Avec un scénario à sens unique. Puis, si la logique est respectée, il retrouvera un certain Robin Söderling, pour la cinquième fois lors des sept derniers Grands Chelems.

LE ROI DU DUR
Au-delà de ses cinq titres en six ans à l’US Open, Roger Federer est avant tout le meilleur tennisman en activité sur «hard court». Avec 41 trophées, il n’est plus qu’à 5 unités d’Agassi, mais reste sans rival parmi ses «contemporains». Lui-même le rappelait samedi. «Depuis que je travaille avec Paul Annacone, je n’ai perdu qu’un seul match. C’est bon signe.» Tout autant que la variété de ses armes.

A défaut de le mettre en danger, les premiers rivaux de Roger Federer lui ont permis d’explorer plusieurs aspects techniques, dont les 54 montées au filet comptabilisées en trois matches (taux de réussite de plus de 60%). Le «Federer version Annacone» est plus entreprenant.

LA VIE EN NUMÉRO 2
Endosser à New York l’habit du No 1 ou No 2 mondial ne joue quasi aucun rôle, surtout en présence de deux monstres sacrés qui ont remporté 23 des 27 derniers «Majors». Rafael Nadal est bien plus sous pression, harcelé de questions sur sa faculté à apprivoiser les balles et la surface de Flushing Meadows. Roger Federer n’est pas désespéré d’aborder une compétition avec vue depuis le bas du tableau. Il a remporté trois de ses quatre derniers Grands Chelems dans la peau de No 2 mondial (US Open 2008, Roland-Garros et Wimbledon 2009).

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