MICHAEL SCHUMACHER

Michael Schumacher: «Le feu s’est rallumé»

Par MARIO LUINI SAKHIR le 12.03.2010 à 00:02

Le retour aux affaires du plus grand champion de l’histoire de la F1, prévu dimanche lors du GP de Bahreïn, déchaîne les passions. Le pilote allemand de Gland, lui, est juste heureux d’être là.

Il n’a pas changé. Ou si peu. Pour la traditionnelle photo officielle qui marque le démarrage de chaque nouvelle saison, les pilotes avaient hier un créneau horaire – entre 13 h et 15?h – pour se présenter devant les photographes, poireautant sous le brûlant soleil de Bahreïn. Et Michael Schumacher, 24e et dernier à faire son apparition, est arrivé à… 14?h?55.

Pour les uns, ce n’était là qu’une nouvelle manifestation de cet ego surdimensionné qui lui fut si souvent reproché. Mais pour d’autres qui connaissent bien Michael Schumacher, dont le come-back en F1 suscite un engouement médiatique sans précédent, ce n’était qu’un exemple de plus de la parfaite gestion de son emploi du temps: comme la séance photos était prévue juste avant sa première conférence de presse, programmée à 15?h, il faisait ainsi d’une pierre deux coups. Simplicité, efficacité, logique: Schumi est bel et bien de retour.

– Michael, pourquoi revenir, et pourquoi le faire au sein de la nouvelle équipe Mercedes?
– Je ne nie pas que l’idée de courir pour une équipe 100% allemande était extrêmement tentante. Je pense que tout pilote allemand réagirait de la même manière. Le fait que j’y sois de nouveau associé à mon vieux complice Ross Brawn ( ndlr: le directeur technique avec qui Schumacher a remporté ses sept titres mondiaux, chez Benetton et chez Ferrari ) a été déterminant.

– L’envie de courir ne vous avait donc jamais quitté?
– Elle est revenue dès que Ross m’en a parlé sérieusement. A Abu Dhabi, en novembre dernier, au soir du dernier GP de la saison 2009, entre le dessert et un bon cigare, il m’a demandé si je pouvais imaginer un retour. Je lui ai dit que je n’étais pas prêt. Mais deux semaines après seulement il m’a rappelé. Et là, j’ai réalisé que ma passion était intacte. Le feu s’était rallumé. A partir de là, tous les éléments du puzzle se sont vite ajustés…

– Vous n’en aviez jamais parlé auparavant?
– On en a parlé chaque année, en fait. En 2007, en 2008, mais sans plus. Durant l’hiver 2009, Ross m’a tenu au courant du retrait de Honda, de sa reprise de l’équipe, de l’arrivée des moteurs Mercedes. Je l’ai écouté et je lui ai dit: «Bonne chance, amuse-toi bien.» Pour moi, c’était encore totalement hors sujet! J’étais absolument sûr et certain que ma carrière s’était terminée fin 2006 chez Ferrari.

– Pas entièrement de votre plein gré donc?
– C’était un ensemble de circonstances. La passion de la course n’était pas en question, mais j’avais épuisé mes batteries. Je ne me sentais pas en mesure de continuer, je devais consentir trop d’efforts, de plus en plus, pour rester à mon niveau de performances.

– Etes-vous conscient que vous êtes déjà considéré comme l’homme à battre?
– Oui… Et j’ai été dans la position de mes jeunes adversaires lorsque j’ai moi-même débuté. La première fois que j’ai couru contre les légendes de l’époque – Prost, Senna ou Piquet – je me suis vite rendu compte que rien n’était impossible, qu’ils n’étaient pas sur une autre planète. Je suis sûr que la même chose se produit aujourd’hui pour mes nouveaux rivaux.

– L’opinion des autres compte-t-elle davantage aujourd’hui?
– Attendons de voir comment la saison va se passer. Je crois que tout le monde doit se réhabituer à me voir courir. Moi le premier!

– Comment a réagi votre famille?
– Mon épouse, Corinna, m’a toujours soutenu, elle a confiance en moi et en ce que je fais. Elle a immédiatement compris que c’était sérieux, que ma passion était intacte. Elle m’a dit OK: «vas-y, amuse-toi.»

– A Valence, lors de vos premiers essais, début février, vous disiez être comme un gamin devant un nouveau jouet.
– Et c’est toujours vrai! Piloter à nouveau une de ces machines m’a procuré ce même bon vieux feeling que je connaissais si bien. Je ne connais rien de comparable. J’aime cette sensation, je l’ai toujours aimée. Ce premier GP, dimanche, c’est un peu Noël avant l’heure.

– Un 8e titre mondial, c’est un rêve, un souhait ou juste un espoir?
– Ce serait sympa. C’est les trois à fois!

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