FOOTBALL

La Suisse pas rassurée avant le choc de l’Angleterre

Par ATS le 03.09.2010 à 22:09. mise à jour le 03.09.2010 à 22:51

Incapables de battre une modeste Australie (0-0), les Suisses ne se rassurent pas. Frei rate un penalty généreux, pour illustrer les problèmes de l’équipe nationale.

Il faut prendre les matches pour ce qu’ils sont. Cela vaut mieux. Ce Suisse-Australie devait permettre à Ottmar Hitzfeld de faire tourner son effectif, de tenter des choses, de donner du temps de jeu à certains titulaires. Il n’aura servi qu’à cela. Et à rien de plus.

Cette équipe qui voyait Bunjaku, Margairaz ou David Degen propulsés sur le devant de la scène aurait pu, aurait dû se montrer plus inspirée. Face à des Australiens sans relief, l’occasion était belle de forcer le trait, de dessiner des schémas solides. Au lieu de cela, il n’y a eu que de rares éclairs dans la grisaille. Un centre malin de Frei pour Bunjaku qui s’emmêle les pinceaux. Ou les tentatives maladroites d’un David Degen qui ne manque pas d’enthousiasme, mais parfois de jugeote.

Cette Suisse qui peine tant à produire du jeu a donc essayé de trouver une nouvelle philosophie, avec plus ou moins de bonheur. Signe de certains errements, Alexander Frei a souvent reculé, en première période notamment, pour prendre le ballon et ouvrir des perspectives. Un bien pour un mal, puisqu’il laissait Derdiyok seul devant.

Margairaz s’illustre
Côté jeu, on attendait de voir Xavier Margairaz à l’œuvre. Appelé par Hitzfeld justement pour offrir des solutions et créer, le joueur de Zurich s’est signalé plus d’une fois. Par quelques passes bien senties et par une présence devant le but adverse. On songe à sa déviation de la tête, à un tir contré et, surtout, à un envoi un peu trop croisé. C’est bien pour marquer son retour, même si cela demande encore plus de volume dans le rendement. Avec quatre changements à la pause (entrées de Sutter, Schwegler, Von Bergen et Shaqiri), la sélection d’Hitzfeld avait du sang neuf pour forcer la décision. Elle n’en aura pas vraiment profité.

En fait, la Suisse n’a même pas su exploiter un cadeau de l’arbitre autrichien, qui désignait le point de penalty quand David Degen s’écroulait dans la surface après une petite «poussette». Cette fois, c’était sûr, la Suisse allait marquer, puisque Frei, l’artificier en chef, l’homme qui ne tremble pas, s’emparait du ballon pour la transformation. Seulement voilà: cette Suisse qui ne sait plus jouer ou marquer est à l’image de son capitaine. Fébrile. Le penalty ne sera même pas cadré! Et Frei sera stupidement sifflé et conspué par le public saint-gallois pour sa peine.

Si Frei est le meilleur buteur de l’histoire sous le maillot national (40 buts en 78 sélections), il n’a plus fait trembler les filets depuis un an, plus exactement depuis le 9 septembre 2009 en Lettonie (2-2). Pire, c’est toute l’attaque suisse qui est en question, puisqu’il faut également remonter à cette date pour voir un attaquant titulaire marquer un but. Avec ce Suisse-Australie, il y aura pourtant eu onze matches depuis! Quelle disette…

Bref, à quatre jours du début des qualifications pour l’Euro 2012, mardi soir à Bâle contre l’Angleterre, la Suisse ne s’est pas rassurée. Pas plus qu’elle n’a trouvé de solution miracle pour créer du jeu. Ajoutez encore la grippe de Barnetta (absent ce soir) et un Benaglio qui risque de manquer à l’appel, naissance de son enfant oblige, et la part de doute est toujours bien présente. Obsédante. Inquiétante.

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