Il tient la forme de sa vie. «Didier Cuche est comme le vin. Le bon vin. Il se bonifie avec le temps.» L’hommage est signé Antoine Dénériaz, champion olympique à Turin en 2006. Le Français n’a pas raté une miette du spectacle proposé par le Neuchâtelois sur la Verte des Houches. Une semaine après son triomphe sur la Streif de Kitzbühel, le solide leader de la Coupe du monde de descente a remis ça à Chamonix.
Une descente de rêve, exempte de la moindre anicroche. Du coup, il se pose clairement en favori pour la prochaine descente qui sera celle des Mondiaux de Garmisch (le samedi 12 février). «C’est vrai que je me sens fort, explique-t-il. Mais tout cela reste fragile. Pour être au sommet, il faut que tout fonctionne en même temps: le physique, le mental et le matériel.»
«Didier est un exemple»
En moins de deux minutes, Didier Cuche a une nouvelle fois réduit la concurrence au simple rang de spectateur. Son second, le jeune Dominik Paris (21?ans), appréciait: «Didier est un exemple pour nous tous.» Même admiration mais teintée d’un brin de résignation de la part du troisième Klaus Kröll: «Il était imbattable», lâchait l’Autrichien, tout heureux de son podium qui met un peu de baume sur le cœur d’une équipe d’Autriche meurtrie.
Cette victoire, la 16e de sa carrière, a une saveur particulière pour Cuche. «Je n’avais jamais gagné ici, explique-t-il. Et j’ai un sentiment spécial avec Chamonix. En 1997, j’étais revenu sur le circuit en spectateur après une grave blessure (ndlr: fracture du tibia et du péroné). J’avais assisté à la course. Puis j’étais redescendu à pied. Et bien, je peux vous dire que je préfère la faire à ski en moins de deux minutes! Ce matin, avant de m’élancer, j’ai repensé à cet épisode pour me motiver.»
Classement
1. Didier Cuche (S). 2. Dominik Paris (It) à 0’’67. 3. Klaus Kröll (Aut) à 0’’88. 4. Michael Walchhofer (Aut) à 1’’01. 5. Yannick Bertrand (Fr) à 1’’10. 6. Beat Feuz (S) à 1’’20. Puis les autres Suisses: 12. Marc Gisin. 13. Silvan Zurbriggen. 15. Patrick Küng.