33e AMERICA’S CUP

Bertarelli met en garde contre les risques de ces «monstres» marins

Par PIERRE NUSSLÉ VALENCE le 08.02.2010 à 00:02

Le patron du syndicat suisse Alinghi se confie à quelques heures de la première régate, aujourd’hui contre BMW Oracle. Entre prudence et humilité, la volonté de vaincre est bien perceptible.

– Ernesto Bertarelli, comment va se passer la journée de lundi pour Alinghi?
– Comme nous devrons partir très tôt le matin pour rejoindre le départ au large, nous avons modifié notre programme matinal habituel et fait certaines choses la veille au soir. Nous avons effectué une sortie dimanche sur un bateau qui a été remis en condition de course. Nous sommes prêts. Je n’ai aucune appréhension sur la motivation qui anime toute l’équipe en ce moment.

– Etiez-vous surpris de vous retrouver seul sur l’estrade lors de la conférence des propriétaires des deux bateaux, samedi?
– Oui, car j’étais convaincu que Larry Ellison serait là. Je m’étais préparé pour cela. Je voulais laisser de côté l’aspect juridique pour parler de sport.

– Vous dites être préoccupé par la sécurité dans ce duel en multicoques. Pourquoi?
– Nous ne devons pas oublier que cette compétition va se courir sur des bateaux bien différents des précédentes éditions de la Coupe. Nos multicoques repoussent les limites de la technologie. Ils peuvent chavirer. La sécurité sera un élément important des régates à venir. Pour gagner une course, il faut d’abord la finir. Nous avons eu de fréquents problèmes et cela fait partie de ce genre de défis technologiques. C'est comparable aux essais de Formule 1. En plus, nous sommes en hiver, avec des prévisions météo parfois incertaines sur toute la zone de compétition. Nous devons donc être très prudents. Je souhaite que nous puissions vivre des régates dans de bonnes conditions de sécurité.

– Comment peut-on comparer les performances des deux multicoques américain et suisse?
– Lors de l’édition 2007, il y avait eu beaucoup de spéculation sur les performances du Class America des Néo-Zélandais. Finalement, les régates ont été très serrées. Aujourd’hui, personne ne peut dire qui a le plus de chances de l’emporter. Cela dépend de nombreux facteurs que l’on ne peut toujours maîtriser. La plate-forme d’Alinghi 5 est issue de mon ancien catamaran de 41 pieds avec lequel nous régations sur le Léman. Ici, nous avons un catamaran face à un trimaran avec des gréements différents.

– Le rôle de barreur principal vous met-il un poids supplémentairesur les épaules?
– Je ne prends pas cette responsabilité à la légère. Plusieurs marins auraient pu barrer à ma place. Je ne dis pas que je suis le meilleur et le plus rapide dans toutes les conditions, mais je ne suis par le plus lent non plus. Et le soutien de Loïck Peyron à mes côtés est primordial. Il peut tout faire. C’est un vrai couteau suisse!

– La phase départ va-t-elle être agressive ou prudente?
– Plutôt très prudente. D’autant plus qu’il sera difficile d’effectuer le bon timing avec ces bateaux et une ligne de près d’un kilomètre de large. En 2007 pour préparer la 32e Cup, nous avions effectué des milliers de départs à l’entraînement. Cette fois, avec un seul bateau, on n’a pas les mêmes repères. Un multicoque, une fois lancé, est très difficile à ralentir. Si on abat trop vite, on va passer de 15 à 20 nœuds de vitesse. De toute manière, cette course ne va pas se gagner au départ. Après il y aura 40 milles à couvrir, près de 80?km!

– Qu’allez-vous dire à vos gars avant la régate?
– Je n’ai pas préparé de discours particulier. Je sais que je peux compter sur tout le monde à 200%. Il y a des gens qui ont fourni un travail fantastique depuis des mois sans prendre un jour de congé. Et c’est pour eux qu’on a envie de gagner. Cette équipe est une école unique de management. J’en suis fier.


 

Infos du jour

LES RÉGATES
Aujourd’hui : départ prévu à 10?h?06 selon les conditions de vent, sur un parcours de 20 milles nautiques aller et retour (76?km).
Durée: entre 2?h?30 et… 7?heures (temps limite pour la validation de la régate).
TSR en direct

Mercredi 10 février : départ prévu à 10?h?06 selon les conditions de vent, sur un parcours en triangle de 39 milles nautiques (3 x 13 milles).
Vendredi 12 février : si nécessaire, départ prévu à 10?h?06 selon les conditions de vent, sur un parcours de 20 milles nautiques aller et retour.
Best of three: la première équipe à deux victoires remporte la 33e America’s Cup.

PRÉVISIONS MÉTÉO
Vent de Sud-Ouest entre 5 et 7 nœuds au départ, progressant jusqu’à 12 nœuds ensuite en cours de journée.

«Nous devrions être en mesure de lancer la régate à l’heure prévue (10?h?06)», confirme le Genevois Nicolas Grange, l’un des quatre membres du comité de course. «Si on a un vent qui vient de terre, le départ pourrait être donné au large à deux heures de bateau du port! On va donc peut-être devoir partir sur le plan d’eau à 6?h?30 du matin!»

USA 17 ENTRE À TRIBORD
USA 17 a remporté le premier avantage face à Alinghi puisque le trimaran américain sera le bateau prioritaire (tribord) lors de l’entrée des deux concurrents dans la zone de départ.

PRODUCTION TV
Avec deux multicoques géants dont la vitesse pourrait dépasser les 30 nœuds, la production d’images TV demande un savoir-faire et des équipements importants. Deux hélicos, un avion et deux bateaux équipés de caméras assureront la diffusion d’images en direct sur l’eau.

Sondage

Tarifs CFF: la nouvelle hausse annoncée est-elle acceptable?