Déjà en tête après les deux manches de vendredi, Ammann a assommé la concurrence en Slovénie. Avec un ultime saut à 236,5 m - le meilleur du week-end -, le planeur du Toggenburg a largué le deuxième, l'Autrichien Gregor Schlierenzauer, à plus de 25 points. Un gouffre à ce niveau.
Il n'a finalement manqué que le record du monde (239 m) à Ammann pour atteindre la perfection à Planica. Si son sacre était attendu, la défaillance d'Adam Malysz ne l'était pas. Le Polonais, habituel dauphin du St-Gallois ces dernières semaines, a raté son dernier saut pour échouer au pied du podium, juste derrière le Norvégien Anders Jacobsen.
La fin de saison d'Ammann a été tout bonnement ébouriffante. En février et mars, il n'a pas connu autre chose que la victoire: cinq fois en Coupe du monde (globe du général à la clef), deux fois aux JO de Vancouver, une fois aux Mondiaux de vol à ski.
Cette dernière distinction avait toujours échappé au St-Gallois, lui qui n'avait jamais fait mieux qu'un 5e rang dans ce rendez-vous (en 2002). Cette attente n'est toutefois rien au vu de celle endurée par le saut à skis helvétique, sevré de titre en vol à ski depuis 33 ans et la victoire de Walter Steiner (également sacré en 1972).
Vainqueur de la Coupe du monde (2010), quadruple champion olympique (2002 et 2010), champion du monde sur grand tremplin (2007) et en vol à ski (2010), le palmarès de Ammann frise la perfection. Dernière lacune à combler: la Tournée des quatre tremplins, bouclée à deux reprises sur le podium (2e en 2009, 3e en 2007) mais jamais sur la plus haute marche.
A noter encore que dans l'histoire du saut à skis, ils ne sont que quatre à avoir remporté des médailles d'or aux Mondiaux (les classiques et ceux de vol à ski) ainsi qu'aux JO. Avant Ammann, l'Allemand Hans-Georg Aschenbach, le Finlandais Matti Nykänen et le Japonais Kazuyoshi Funaki y étaient parvenus.