COUPE DE L’AMERICA

Alinghi se résigne pour Valence

Par PIERRE NUSSLÉ le 11.11.2009 à 00:04

Le challenger américain obtient ce qu’il voulait depuis longtemps. Mais est-il prêt à se battre à armes égales avec son adversaire en février?

Alinghi a fini par céder. Lassé par les querelles devant les tribunaux new-yorkais, le double vainqueur de la Coupe de l’America accepte d’affronter BMW-Oracle en février 2010 à Valence. Ce qui apparaît à première vue comme une concession majeure faite au challenger américain, tient en fait compte des difficultés rencontrées ces derniers mois par Oracle pour rendre son trimaran performant.

Le week-end dernier, les deux parties n’avaient pas réussi à se mettre d’accord sur un lieu et une date pour le match de la 33e America’s Cup. Jusqu’ici, Alinghi avait toujours refusé de régater à Valence en février, invoquant à juste titre que les conditions demeuraient trop aléatoires et dangereuses en hiver sur le plan d’eau espagnol.

L’alternative proposée d’organiser la compétition à Ras al-Khaima a été rejetée par Oracle, puis par la Cour suprême de New York. Hier, Alinghi a cependant confirmé qu’il maintenait sa proposition pour un site sur la côte est de l’Australie (Townsville ou Airlie Beach) jusqu’au 13 novembre. A condition qu’Oracle mette fin à toutes ses actions judiciaires.

«Pas question de repousser les dates»
Oracle a accueilli le choix de Valence avec satisfaction. «Alinghi est finalement d’accord avec nous pour dire que Valence en février est le lieu le mieux adapté pour la Coupe», dit le porte-parole américain Tom Ehman. Qui ajoute: «Il est vraisemblable que la Société nautique de Genève va maintenant laisser tomber son appel de la décision de la Cour qui a jugé Ras al-Khaima comme un site illégal.» Réaction immédiate de Paco Latorre, directeur de la communication d’Alinghi: «Nous allons conserver notre appel jusqu’à nouvel avis. Nous attendons qu’Oracle retire lui aussi ses actions en justice. Une audience est prévue à la Cour de New York le 25 novembre. D’ici là, nous allons décider de l’attitude à adopter. Je pense que les Américains ont eu ce qu’ils voulaient. Il ne faut pas qu’ils réclament encore de nous imposer les règles de la compétition. Nous avions l’impression qu’ils cherchaient à gagner du temps. Pour nous, il n’était pas question de repousser les dates fixées par la Cour en 2008.»

Le compte à rebours a commencé. Le sport va peut-être enfin reprendre sa place pour nous proposer ce formidable duel des technologies de pointe de la voile.

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