SANTÉ

La recherche sur un vaccin antitabac s’enflamme

Par ANNE-MURIEL BROUET le 20.11.2009 à 00:01

Trois laboratoires, dont un suisse, sont en quête du Graal qui coupera l’envie de fumer aux accros de l’herbe à Nicot.

Pourquoi les fumeurs fument-ils? Ils ont mille raisons, mais leur difficulté à arrêter est liée à une seule: la nicotine entraîne la dépendance. Une dépendance
à cette sensation de récompense lorsque la substance atteint les récepteurs du cerveau. Supprimer le plaisir reviendrait à couper la dépendance et donc à tuer l’envie. C’est sur cet axe que travaillent trois laboratoires concurrents, dont Novartis, pour mettre au point un vaccin antitabac. Lundi, le britannique GlakoSmithKline (GSK) a pris une longueur d’avance en concluant un accord de licence mondiale exclusive pour le NicVAX, un vaccin développé par le groupe américain Nabi Biopharmaceuticals.

La transaction permet à GSK d’avoir le monopole mondial de la vente du NicVAX, une fois que celui-ci sera sur le marché. Le produit se trouve actuellement en phase III des essais cliniques, c’est-à-dire que le laboratoire cherche à démontrer son efficacité sur l’humain.

La source d’un plaisir
La question demeure encore sans réponse, mais le fait est que GSK lui attribue un certain potentiel puisque le britannique débourse 40 millions de dollars au terme de l’accord et paiera jusqu’à 500 millions de dollars, en fonction des éventuels succès du vaccin. Novartis avait la même chose, il y a quelques années, avec le produit de la société zurichoise Cytos, baptisé aujourd’hui NIC002. Les essais sont actuellement en phase II. Une analyse intérimaire admet que la situation piétine.

Si le Graal n’est pas encore à portée de cendrier, cela fait plus de dix ans que les laboratoires ont compris l’intérêt de poursuivre la recherche. Avec, seulement en Suisse, près d’un tiers de la population qui fume et des lois de plus en plus restrictives, les calculs sont vite faits.

Le principe sur lequel se basent les proto-vaccins est lié à la dopamine, un neurotransmetteur qui est dans notre cerveau à la source du système de récompense. Lorsque l’on fume, la nicotine contenue dans la fumée passe dans le sang via les poumons, comme l’oxygène, et parvient rapidement jusqu’au cerveau. La nicotine stimule alors les neurones dopaminergiques qui produisent la sensation de récompense, associée au plaisir, mais aussi à la dépendance.

L’idée du vaccin est d’empêcher la nicotine, une molécule minuscule, de franchir allègrement la barrière hémato-encéphalique. Comment? En lui collant une protéine qui la rend trop grosse pour passer du sang au cerveau. Le vaccin produit en fait des anticorps spécifiques qui vont s’agglutiner aux molécules de nicotine. Trop grosses, celles-ci ne peuvent plus atteindre leur cible et le tour est joué. Enfin sur le papier.

Plutôt une immunisation
«Cela reste une piste intéressante», assure Jacques Cornuz, médecin-chef de la policlinique du CHUV, qui a participé à une étude clinique sur le produit développé par Cytos. «Les modèles animaux ont montré que, bien vaccinés, ils produisaient des anticorps et que ceux-ci diminuaient le passage des molécules de nicotine du sang au cerveau.» Toutefois, le professeur souligne que l’intérêt du produit – qui n’atteindra pas les officines avant plusieurs années – «n’est que dans la perspective d’une aide à l’arrêt. Les anticorps ont une durée de vie de quelques semaines à quelques mois, donc le produit constitue surtout un soutien au fumeur pour éviter la rechute dans les premiers mois. Il aura alors la sensation de fumer de la paille! On pourrait d’ailleurs parler plutôt d’immunisation que de vaccination.»

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