Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont décidé de déposer plainte en diffamation contre l’avocat Robert Bourgi, qui les accuse d’avoir reçu des fonds occultes africains.
"A la suite des propos tenus ce jour par M. Robert Bourgi, le Président Jacques Chirac m’a demandé de déposer plainte pour diffamation", a déclaré Me Veil, conseillé de l'ancien président français.
"Les accusations que ces gens portent sont graves, scandaleuses, détaillées comme tous les mauvais polars et c’est pour cela que comme Jacques Chirac, je porterai plainte contre lui", a déclaré de son côté l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin. "Ce n’était ni la pratique, ni l’esprit de la présidence de Jacques Chirac", a-t-il affirmé.
"On cherche à me dissuader d’être candidat, on cherche à me mettre des bâtons dans les roues depuis plusieurs années, mais j’ai la peau dure", a lancé le président du mouvement République solidaire.
"Je crois que nous comprendrons la véritable nature des allégations d’aujourd’hui dans quelques jours, dans quelques semaines. Manifestement, il y a la volonté de construire un écran de fumée", a-t-il encore dit.
Cinq Etats africains impliqués
«Par mon intermédiaire», «cinq chefs d’état africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002», prétend l’avocat Robert Bourgi, ancien conseiller Afrique de Jacques Chirac, sans fournir de preuves.
L’actuel ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n’est pas épargné. «L’argent d’Omar Bongo a servi a payé le loyer pendant des années» de son club 89, accuse M. Bourgi.
Pourquoi cet homme de l’ombre rompt-il son long silence ? «J’en ai assez des donneurs de leçons et des donneurs de morale», explique- t-il au JDD, se présentant comme «déçu» et «humilié»’.
Révélations de Wikileaks
Dans des documents diplomatiques ayant fuité via Wikileaks, M. Bourgi est décrit par des diplomates français comme «la quintessence de l’acteur de la Françafrique» et aussi «un mercenaire uniquement préoccupé par son bien-être».
Souvent qualifié de conseiller officieux pour l’Afrique de Nicolas Sarkozy - même si à l’Elysée on se contente de relever qu’il ne figure sur aucun organigramme - M. Bourgi exonère totalement le président qui «m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par valises».
Ce n’est pas l’avis de Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de Chirac qui a assuré à Pierre Péan que Bourgi a, avant 2007, déposé une grosse mallette «aux pieds du ministre de l’Intérieur» d’alors, M. Sarkozy.
No comment à l'Elysée
L’Elysée s’est refus à tout commentaire sur cette accusation. M. de Villepin parle à propos des accusations de Bourgi de «fariboles» et d’»écran de fumée».
L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a qualifié dimanche d’»indignes» et «mensongères» les accusations, assurant que «tout cela n’est pas un hasard».
«Il y a des procédures judiciaires qui ont été engagées sur le financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur en 1995. Evidemment, c’est tentant de jeter le soupçon sur les campagnes électorales de Jacques Chirac en 2002.
Tout cela ne résiste pas à l’analyse», tranche M. de Villepin.
Sarkozy aussi?
Pour l’UMP, qui attend «des éléments de preuve» comme pour les deux président du sénat et de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer et Gérard Larcher, le seul débouché possible à toutes ces accusations est judiciaire. «Quand on a des choses à dire, on le dit devant la justice», a tranché M. Larcher.
Suite à ces révélations parues ce matin, un chiraquien qui a souhaité garder l'anonymat, a affirmé que Nicolas Sarkozy, actuel président de la République française, aurait également trempé dans ces affaires occultes.
Pour les lecteurs du Canard Enchaîné, rien de nouveau ni de surprenant !