COPENHAGUE

Au tribunal pour meurtre de poissons d'aquarium

Par AFP le 15.05.2009 à 17:48

Pour avoir voulu prouver la toxicité d'un shampoing en le versant dans un aquarium, une journaliste se retrouve en justice, accusée de meurtre de douze poissons!

Une journaliste de la télévision publique danoise DR1 a été traînée en justice pour le meurtre de douze petits poissons d'aquarium et pour avoir ainsi enfreint la loi sur la protection des animaux, a-t-on appris de source judiciaire.

Lisbeth Kloester, de l'émission "Kontant" de défense des consommateurs, avait démontré en novembre 2004 qu'un shampooing anti-pelliculaire suédois, Terva, était si toxique qu'il pouvait tuer des poissons.

"J'avais versé un liquide extrêmement dilué (de ce shampoing) dans l'aquarium, et au bout de quatre jours tous les poissons étaient morts, à l'exception d'un seul", a-t-elle expliqué.

Mais un téléspectateur, un vétérinaire, a porté plainte à l'époque contre la journaliste pour avoir fait subir des souffrances inutiles aux poissons et pour violation des lois sur la protection et sur l'expérimentation des animaux.

Le ministère public a décidé après quatre ans de réflexion d'inculper en octobre dernier la tueuse de poissons, estimant que sa méthode brutale n'était pas nécessaire pour prouver la toxicité de ce shampoing.

"La loi est la loi et les journalistes doivent s'y plier aussi, et je n'avais nullement l'intention de la violer", a-t-elle affirmé, reconnaissant que la rédaction de l'émission "avait beaucoup réfléchi" avant de donner son feu vert à cette expérience.

Mais "nous avons choisi de la faire, en nous appuyant entre autres sur un rapport indiquant que les poissons n'étaient pas capables de sentir la douleur", a-t-elle souligné.

Le but de cette illustration est "de prouver comment les industriels utilisent dans les cosmétiques des substances nuisibles pour la santé, provoquant allergies et autres maladies graves", selon cette journaliste.

Le procès aura lieu mardi au tribunal correctionnel de Glostrup (ouest de Copenhague), où l'accusée risque, lors du verdict attendu le même jour, deux amendes de 10 000 couronnes chacune (un peu plus de 2000 francs).

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