C’est sur une dénonciation de la Banque d’Italie que le Parquet de Rome a ouvert une enquête sur l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), communément appelé la banque du Vatican. L’affaire est née à la suite de la découverte d’un compte intitulé à l’IOR et ouvert en 2003 dans une agence romaine de la Banque Unicredit. Sur ce compte, 60 millions d’euros ont transité chaque année. Les enquêteurs soupçonnent l’IOR de l’avoir utilisé pour rapatrier, dans la Péninsule, des capitaux d’origines troubles cachés dans les coffres du Vatican. Soit une classique opération de blanchiment.
Fondé en 1942 par le pape Pie XII dans une tour du Ve siècle – la salle des coffres est au sommet de la tour –, l’IOR ne possède qu’un seul guichet et un unique bancomat. On y pénètre par une porte discrète et aucune enseigne ne signale sa présence. Situé dans la cité du Vatican, il jouit du statut d’extraterritorialité par rapport à l’Italie, tout en étant séparé de la Péninsule par… une frontière virtuelle. Une situation idéale pour déjouer la surveillance de l’administration fiscale.
Abonné aux scandales
C’est ainsi que l’IOR figure au carrefour des plus grands scandales financiers transalpins des dernières décennies. Dans les années 1970, l’institut bancaire du Vatican s’allie à la Banque Ambrosiano et se lance dans des spéculations frauduleuses. La faillite de la Banque Ambrosiano laisse un trou de 1,150 milliard de dollars. Dans les suites de l’affaire, les banquiers Michele Sindona, qui était affilié à Cosa Nostra, et Roberto Calvi sont assassinés. Et nombreux sont ceux qui pensent que la volonté de Jean-Paul Ier de faire toute la lumière sur la banqueroute Ambrosiano n’est pas étrangère à sa mort «prématurée». Durant l’affaire «mains propres», le Parquet de Milan découvre que 54 millions d’euros de pots-de-vin destinés aux partis politiques venaient de l’IOR.
Le repenti Francesco Mannoia affirme, de son côté, que Toto Riina plaçait l’argent provenant du trafic d’héroïne à l’IOR. «Lorsque le pape a excommunié les mafieux, raconte Mannoia, les parrains l’ont mal pris car ils recyclaient leurs capitaux au Vatican. C’est pour ça qu’ils placèrent deux bombes devant des églises à Rome en 1993.»
Enfin, plus récemment, la collusion du gouverneur de la Banque d’Italie, Antonio Fazio, avec un groupe d’escrocs, et le scandale des matches de foot truqués ont également impliqué l’IOR.
Le pape est en pleine forme
Le Vatican a affirmé hier que «la santé du pape est absolument normale», démentant les rumeurs sur son état physique apparues après l’annonce que la messe de minuit serait avancée cette année. Pour la première fois depuis le début du pontificat de Benoît XVI, la messe de minuit au Vatican débutera le 24 décembre à 22?h, au lieu de minuit. Le porte-parole du pape, le Père Federico Lombardi, a expliqué que le nouvel horaire avait pour but de «rendre un peu moins fatigantes pour le pape, âgé aujourd’hui de 82?ans, les journées de Noël, au cours desquelles il a de nombreux engagements».
AFP / AGENCE