Haïti

Système D, solidarité et loi du plus fort: les trois clés de la survie

Par Jean-Cosme Delaloye le 19.01.2010 à 10:04

Une semaine après le séisme qui a dévasté la capitale haïtienne, la majorité des habitants vit dans la rue ou dans des camps de fortune avec un minimum de nourriture et d'eau.

Fitzner Jacinth n'a pas pu. Quand l'homme qui venait d'extirper des décombres le cadavre de son frère Selassie, lui a tendu un billet de banque tout froissé, retrouvé dans le porte-monnaie de ce dernier, le Haïtien de 37 ans a demandé qu'on le brûle. L'ouvrier s'est exécuté, mais son geste est symptomatique dans les rues de Port-au-Prince. Une semaine après le tremblement de terre dévastateur, la population de la capitale haïtienne , survit comme elle peut et tout dollar haïtien est précieux pour trouver  un peu de nourriture ou d'eau.

Ironie de cette tragédie, Fitzner Jacinth s'approvisionne en eau potable lorsqu'il va voir l'un des membres de sa famille, blessé lors du séisme. Le prix de l'eau purifiée a plus que doublé, idem pour les oranges et la grande majorité des aliments. Le prix de l'essence s'est envolé, obligeant de nombreux habitants à marcher souvent pendant des kilomètres. Et les masques pour se protéger de l'odeur de mort qui flotte dans de nombreux quartiers, sont quasiment introuvables dans les rues de Port-au-Prince.

La tension monte
L'aide humanitaire peine toujours à arriver jusqu'aux centaines de milliers de sinistrés qui vivent dans les rues de Port-au-Prince et dans des camps de fortune improvisés un peu partout dans la capitale haïtienne. Au fil des jours, la tension monte dans certains quartiers, à commencer par le centre-ville, l'une des zones les plus touchées par le séisme. Chaque jour des centaines de personnes tentent de pénétrer dans les bâtiments qui se sont effondrés pour tenter de récupérer un peu de nourriture ou toutes sortes d'objets qui pourraient se vendre. Des hommes scient des bouts de câble en acier pour les revendre. Dimanche, des pillards ont embarqué dans la confusion des caisses avec des cuisses de poulet.

Dans le centre-ville, c'est d'ailleurs littéralement la loi du plus fort. Des bandes de jeunes armés de bâtons tentent de s'accaparer de tout ce qui a un semblant de valeur. Les affrontements avec la police et les réglements de compte se multiplient. Les cadavres de Mateis et Antonio, deux hommes décrits comme des pillards  par les habitants du quartier, ont été déposés dans une benne à ordure. Ronald Zarnor, un jeune homme rencontré à proximité affirme que la police serait responsable de leur mort. Une affirmation impossible à vérifier, mais des affrontements ont éclaté dimanche entre des pillards et des policiers, faisant au moins un mort. A un autre coin de rue, un homme a été abattu. Il a les pieds et poings liés, signature de l'un des gangs du quartier. "C'était un pillard", raconte Emile Vennou, un jeune chauffeur.  "Et il s'est fait attraper".

Souffrir en silence
Pour Emile Vennou, la survie passe par l'aéroport de Port-au-Prince ou des centaines de jeunes comme lui attendent devant l'entrée un hypothétique emploi.
Des centaines de milliers de personnes sont d'ailleurs réduites à attendre et à souffrir en silence. Nicole Guillaume a le corps marqué par les briques qui sont tombées sur elle lors du tremblement de terre. Cette femme qui a également un gros pansement à l'oeil droit, a perdu deux de ses sept enfants dans la tragédie. Elle vit dans un camp de déplacés avec ses enfants et 8 autres familles sous un entrelacs de bâches. Et pendant qu'elle garde les plus jeunes, une de ses amies est allée chercher de l'eau et un peu de nourriture.

Système D et solidarité sont clefs à Port-au-Prince. Dans un autre petit camp improvisé, Imene Jean, frigante dame de 79 ans, cuisine pour tous les résidents pendant que certains occupants tentent d'aller gagner un peu d'argent et de trouver des provisions. A l'heure actuelle, l'ONU distribue de la nourriture à 40 000 personnes, mais espère accélérer la cadence dans les deux prochaines semaines pour pouvoir toucher un million de personnes.

En attendant, les habitants de la capitale haîtienne doivent  savoir encaisser et souffrir en silence comme Kettlene Francius, une jeune femme de 24 ans, qui a été bloquée dans la position assise pendant 4 jours après avoir été ensevelie sous les décombres et sauvée par son frère. Allongée sur une couchette rudimentaire dans un orphelinat transformé provisoirement en dispensaire, elle assure néanmoins en souriant que "ça va aller".

Et il y a la foi dans laquelle beaucoup à Port-au-Prince puisent leur courage. A la vue du cadavre de son frère en état de décomposition avancé, Fitzner Jacinth a joint les mains . "Je suis chrétien et je lis beaucoup la Bible", glisse-t-il . "Toute chose a une fin. Dieu est en moi et m'aide à être très fort quand je vois ça".

Sondage

Faut-il généraliser le vote électronique?




Sondage

Les réseaux de soins, une bonne formule?




Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
A vos grils, prêts?
Nous nous sommes procuré les conseils les plus avisés Plus

En coopération avec:

Homegate

Sondage

Dix ans après, comment jugez-vous Expo.02?




Dernières offres

Marché

Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter lu-ve 7h30-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 824 124, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Service clients CP 585 - 1001 Lausanne

Le monde en images

Sondage

Faut-il abolir la «lex Koller», qui limite la vente des résidences secondaires aux étrangers?




Bébé

Supplément partenaire

SEARCH.ch

Commerce