Le temps joue contre eux. Et surtout contre les victimes coincées sous les décombres du tremblement de terre à Port-au-Prince. Pourtant, les sauveteurs de l’ONG française Cosi étaient bloqués hier, comme tant d’autres, à Saint-Domingue, en République dominicaine.
Cinq maîtres chiens, un médecin, deux infirmiers et quatre logisticiens devaient prendre leur mal en patience avec la demi-tonne de matériel qu’ils emmènent avec eux pour organiser leurs opérations de recherches sur place.
«On est à côté de la catastrophe et on ne peut rien faire. C’est frustrant!» s’impatiente Vanessa Boyer, infirmière pour Cosi. «Nous devions aller directement à Port-au-Prince, mais l’aéroport ne peut pas recevoir les gros-porteurs, explique Etienne Méchat, un sauveteur ardéchois. Du coup, nous sommes tous à Saint-Domingue et les autorités dominicaines n’organisent pas vraiment les secours.»
Ainsi, une grosse centaine de sauveteurs originaires du Mexique, de Russie, de Grande-Bretagne, de France et du Canada, notamment, était bloquée hier à Saint-Domingue en attendant que les «Américains organisent les opérations», selon les termes d’un sauveteur.
Louis Coste, fondateur de l’ONG Cosi, raconte avoir tenté d’affréter un bus pour rejoindre Port-au-Prince par la route, mais avoir dû se raviser après avoir été témoin des «démarches spéculatives» des compagnies de bus privées à l’aéroport de Saint-Domingue. «On nous demandait des milliers d’euros, dit-il. Et nous avions la perspective d’une douzaine d’heures de route pour atteindre Port-au-Prince».
«Chaque jour qui passe réduit les chances de survie des victimes, ajoute le docteur Bernard Joussaume. Une personne en bonne santé, bien hydratée avant le tremblement de terre, peut tenir jusqu’à 12?jours. Pour une personne blessée, la période de survie oscille entre 0 et 8?jours. On attendra le temps qu’il faudra pour rejoindre Port-au-Prince, mais on y arrivera.»