Chyppre

Une rançon a bien été demandée pour le corps de l'ex-président

Par AFP le 10.03.2010 à 15:33

L’un des suspects interpellés dans le cadre de l’enquête sur le vol du corps de l’ancien président chypriote Tassos Papadopoulos, retrouvé lundi trois mois après sa disparition, a avoué avoir réclamé une rançon à la famille.

Deux des trois personnes soupçonnées d’être à l’origine de ce vol ont été placés mercredi en détention provisoire par décision d’un tribunal de Nicosie. Le troisième purge déjà une peine de prison à vie.

Ces trois suspects - deux Chypriotes-grecs et un Indien - sont passibles de poursuites sur la base de 11 chefs d’accusation, dont association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, extorsion et profanation, a précisé la police.

Le ressortissant indien, âgé de 31 ans, est passé aux aveux après son arrestation, reconnaissant avoir demandé une rançon il y a 10 jours, a indiqué devant le tribunal un officier de police, Yiannakis Charalambous.

Il est l’auteur du coup de fil anonyme "en mauvais grec" ayant permis de retrouver lundi dans un cimetière de l’agglomération de Nicosie le corps de Tassos Papadopoulos, décédé en décembre 2008 à l’âge de 74 ans.

D’après la télévision publique, cet Indien, détenteur d’un faux passeport bulgare, avait au préalable réclamé une somme de 200.000 euros à la famille du défunt contre des informations pour localiser la dépouille.

Mardi, en contradiction avec le porte-parole de la famille, le ministre de la Justice Loucas Louca avait maintenu qu’une rançon avait été réclamée. Cette demande n’a pas été satisfaite, avait-il ajouté.

Dans un communiqué lu devant la Cour, le suspect indien a pour sa part affirmé qu’il entendait utiliser l’argent pour retourner dans son pays, avant d’être pris de remords.

Mais il a également avancé que le second suspect interpellé mardi, un Chypriote-grec de 48 ans, l’avait contacté début décembre pour lui proposer de l’argent contre sa participation.

La dépouille de Tassos Papadopoulos avait été dérobée dans la nuit du 10 au 11 décembre 2009 dans le cimetière de Deftera, au sud de Nicosie. Les auteurs du vol avaient déplacé sans équipement mécanique la pierre tombale de 250 kg et s’étaient enfuis avec le corps embaumé après avoir effacé leurs traces avec de la chaux.

Le corps a été retrouvé dans un autre cimetière, à quelques kilomètres de là, dans une tombe peu profonde et fraîchement creusée, grâce à un appel anonyme.

Le vol avait donné lieu à de nombreuses spéculations: un acte politique commis contre un des symboles du nationalisme chypriote-grec, un crime mafieux contre une des plus riches familles de l’île, ou encore une ancienne affaire ayant mêlé le cabinet d’avocats de Tassos Papadopoulos à l’évasion de capitaux par le régime de l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic.

Perpétré alors que le processus de réunification de l’île divisée piétine, ce vol avait remis au centre de l’actualité une personnalité ayant exhorté, avec succès, ses compatriotes à rejeter un plan de l’ONU sur la réunification de l’île en 2004.

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