A l’échéance électorale de 2012, terme du premier mandat du président Dmitri Medvedev, Vladimir Poutine n’exclut pas de représenter sa candidature au poste de président, comme la Constitution russe l’y autorise.
Interrogé par ses hôtes sur la manière dont le tandem au pouvoir entendait gérer la succession, l’actuel premier ministre a lancé sur le ton de la plaisanterie: «Medvedev et moi avons-nous été en compétition lors de l’élection de 2008? Non! Eh bien nous ne le serons pas davantage en 2012!» Considérant qu’il était lié au président par des liens quasi familiaux, «lui et moi sommes des gens de même sang et partageant les mêmes conceptions», a-t-il souligné, et rappelant que le président en poste était «une personne idéale pour diriger le pays», Vladimir Poutine a précisé que seul un des deux hommes serait candidat et que la question serait tranchée au terme de l’actuelle législature après «évaluation de nos plans personnels, analyse des forces politiques en présence, discussion avec le parti Russie Unie et en fonction, tout d’abord, des intérêts de la Russie».
Même si la formulation employée laisse entendre que la décision sera concertée, il ne fait guère de doute qu’elle sera d’abord le fait de Vladimir Poutine. Le premier ministre, dont le taux de popularité (86% en août 2009) reste au beau fixe malgré la crise, et dont l’autorité ne souffre aucune contestation, marque ainsi explicitement sa volonté de garder ouverts plusieurs scénarios pour l’avenir, y compris celui de son retour à la présidence.
Lors de la rencontre annuelle du Club Valdai, tenue comme de coutume sur un mode très décontracté dans sa résidence de Novo Ogarevo dans la banlieue boisée de Moscou, Vladimir Poutine a confirmé les réserves et l’expectative sceptique que les Russes opposent à l’offensive de charme déployée par Barack Obama. «Les discours ne suffisent pas, nous voulons des actes», a-t-il martelé. Pas question pour les Russes de passer l’éponge sur les multiples conflits provoqués par la politique jugée très agressive de l’administration Bush à leur endroit.
L’hostilité de Washington
Elargissement à l’Est de l’OTAN, établissement de bases militaires américaines sur tout le pourtour des frontières russes, projet d’installation de missiles d’interception en Pologne et en République tchèque, opposition à une entrée de la Russie à l’OMC, appui politique et militaire à des régimes hostiles comme celui encore au pouvoir en Géorgie, maintien d’un embargo datant de la guerre froide sur l’exportation de technologies sensibles vers la Russie: autant de contentieux que le gouvernement russe entend voir corriger par la nouvelle administration américaine.
Dans ses commentaires sur les discussions avec Barack Obama et Hillary Clinton, Vladimir Poutine a laissé percer une certaine méfiance, réservant de manière inattendue ses seuls mots chaleureux à l’adresse de «George» (Bush), à qui revient, selon lui, le mérite d’avoir lancé la réflexion sur le possible accord de réduction des armes nucléaires, qui pourrait intervenir ces prochains mois.
Le premier ministre n’a pas non plus caché son exaspération face aux atermoiements des Européens, à qui les Russes proposent de livrer du gaz directement. A la «montagne d’obstacles toujours différents» que les Européens dressent sans cesse, Vladimir Poutine a opposé «l’extrême dynamisme» et la volonté de coopérer manifestée sur le flanc oriental de son pays par les puissances asiatiques.
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