Ce soir, le mur de Berlin divisera à nouveau la ville. Mais pour le 20e?anniversaire de sa chute, il prendra l’aspect de dominos bigarrés géants, en lieu et place des blocs de ciment de naguère. Le premier domino vacillera lundi, au terme des commémorations organisées par une Allemagne réunifiée. La réaction en chaîne s’arrêtera au niveau de la porte de Brandebourg. Comme en 1989, l’effet domino ne se poursuivra pas dans le reste du monde.
Vingt ans après la disparition du rideau de fer, d’autres remparts ont pris le relais. Certains ont été renforcés, d’autres ont été récemment édifiés. Les attentats du 11 septembre et la montée en puissance du terrorisme ont largement contribué à accélérer le mouvement.
Les barrières les plus spectaculaires sont connues, comme la palissade métallique dressée entre les Etats-Unis et le Mexique ou la clôture de sécurité israélienne implantée en Cisjordanie. Il en existe cependant bien d’autres. Entre le Botswana et le Zimbabwe, l’Inde et le Bangladesh, l’Arabie saoudite et le Yémen ou le Koweït et l’Irak. Mais contrairement au mur de Berlin, qui empêchait les gens de sortir, ces murs interdisent d’entrer. Deux raisons justifient leur édification: la sécurité et les flux migratoires.
Qu’ils soient sécuritaires, militaires ou anti-immigrés leur efficacité très relative est souvent illusoire et toujours provisoire. Comme le disait Janet Napolitano, ministre américaine chargée de la Sécurité intérieure: «Construisez un mur de 15?mètres de haut et on verra apparaître une échelle de 16?mètres.»