La coalition au pouvoir au Kosovo et le principal parti d’opposition ont convenu mercredi soir de proposer une candidate commune au poste de président.
Cela, afin de surmonter la crise politique provoquée par l’invalidation de l’élection de Behgjet Pacolli.
«Nous avons décidé de proposer Mme Atifete Jahjaga comme notre candidate au poste de présidente du Kosovo et nous exprimons le plein soutien de nos partis à sa candidature», a déclaré le Premier ministre Hashim Thaçi à la presse.
Le Parti démocratique du Kosovo (PDK) et son partenaire au pouvoir la Nouvelle alliance pour le Kosovo (ARK) ont atteint un accord avec le principal parti d’opposition la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), grâce notamment à la médiation de l’ambassadeur des Etats-Unis à Pristina Christopher Dell.
L’accord prévoit également des réformes constitutionnelles et électorales qui déboucheront sur une élection présidentielle anticipée au plus tard six mois après les modifications de la Constitution et des élections générales au plus tard 18 mois après les réformes de la loi électorale.
M. Pacolli, dont la candidature au poste de président était une des conditions posée par l’AKR pour rester au sein de la coalition au pouvoir a annoncé auparavant qu’il renonçait à la présidence mais que son parti restait le partenaire du PDK.
Haute responsable de la police
Mme Jahjaga est une haute responsable de la police du Kosovo, une institution édifiée après 1999 sous la supervision de la communauté internationale.
«Au moment où les institutions du Kosovo ont subi un revers et où de nombreuses questions sur la capacité du Kosovo à rendre justice à ses ressortissants je suis persuadé que Mme Atifete Jahjaga sera un important symbole de l’attachement du pays à la justice», a déclaré M. Dell.
«Sa présidence marquera le début d’un nouveau chapitre constructif dans l’histoire de ce pays», a-t-il ajouté.
Le Kosovo a plongé dans une crise politique après la décision de la Cour constitutionnelle, il y a une semaine, stipulant qu’en vertu de la Constitution les deux tiers des 120 membres du Parlement, soit 80 députés, auraient dû être présents lors du vote sur la candidature de M. Pacolli ce qui n’a été pas le cas.
Ce verdict a placé le gouvernement de M. Thaçi dans la délicate situation de répondre aux attentes de l’AKR et de l’opposition afin d’éviter de nouvelles élections anticipées après celles de décembre dernier.
Mercredi, le président par intérim et président du parlement kosovar Jakup Krasniqi avait annoncé l’entame d’un dialogue avec les partis parlementaires pour résoudre la crise.